Les choses vont mal pour Microsoft, à Washington. Sa défense tourne au cauchemar (ou au comique, selon les points de vue) et la presse américaine se demande déjà à quelle sauce le géant du logiciel pourrait être consommé.
Attendu de longue date, le défilé des témoins de la défense dans le fabuleux procès antitrust
ne se passe pas tout à fait comme prévu. Il y a deux semaines, une bande vidéo « prouvant » que Windows 98 roule deux à trois fois moins vite si on en extirpe le fureteur Internet Explorer s'est avéré être un vulgaire trucage, et l'expérience, reconduite cette fois devant les témoins du gouvernement, n'a rien prouvé de concluant. Sans parler des contradictions soulevées par de précédents témoignages...
Du coup, les avocats du Département de la Justice (DOJ) et des 10 États américains impliqués dans la poursuite en seraient déjà à préparer leur victoire, c'est à dire à réfléchir aux moyens légaux de rogner les puissantes griffes commerciales de Microsoft.
Selon des informations recueillies par l'agence Reuters, un scénario que l'on peut qualifier de classique refait surface: il s'agirait de scinder l'entreprise en deux entités distinctes, l'une pour les systèmes d'exploitation, l'autre pour les applications.
Un autre scénario pour le moins original consisterait à « éclater » Microsoft en plusieurs – peut-être cinq – petites Microsoft, toutes armées des mêmes brevets, mais se positionnant comme concurrentes sur le marché. La presse baptise déjà ces micro-Microsoft du nom de « Baby Bills », allusion à l'éclatement d'AT&T en plusieurs Baby Bells en 1994 mâtiné du prénom de Bill Gates.
Le troisième et dernier scénario est loin d'être inintéressant. Il s'agirait de forcer Microsoft à vendre la licence de Windows à ses concurrents. Ceux-ci échapperaient ainsi à l'emprise de Redmond et pourraient adapter les technologies de leur choix à leurs Windows – notamment en terme de navigateur et de machine virtuelle Java. Resterait à définir un organisme autonome pour gérer et préserver la compatibilité des différentes moutures, un peu à l'image de l'univers... Linux!
Ceci dit, le DOJ se refuse pour l'instant sagement à tout commentaire, arguant bien entendu que « les spéculations sur ce que le Département pourrait faire si la Cour tranche en sa faveur est prématuré et non approprié ». Il n'est toutefois pas interdit de rêver...