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Le CESAM sur la sellette (suite)

Canoë 
11/02/1999 16h48 

Louise Perras, présidente directrice générale du CESAM, a répondu avec vigueur aux critiques que son organisme essuyait récemment par l'entremise du Devoir. Pour le messager qui portait la nouvelle, cependant, cette réponse ne fait qu'aggraver son cas.

Le Consortium CESAM a pour mission de « promouvoir le développement de services, d'applications et de contenus multimédias novateurs et de faciliter l'émergence et la croissance au Québec de firmes de calibre international. »

À la suite de l'article du Devoir dont nous faisions mention dans notre chronique de la semaine dernière, le « CESAM a souhaité apporter sa version des faits », attirant ce matin l'attention de Multimédium et du Lien multimédia sur une lettre envoyée au signataire de l'article, Robert Dutrisac, le 5 février dernier.

Madame Perras réfute la plupart des assertions du journaliste qui avait pourtant pris la peine d'exposer longuement la position du CESAM face aux critiques dont il fait l'objet. Puis elle met en cause sa « rigueur » et son « imputabilité ». Qu'en pense le messager, rejoint au téléphone ce matin?

« C'est vrai que je n'y suis pas allé avec le dos de la cuillère et que j'ai cité des sources anonymes, reconnait Robert Dutrisac. Ceci dit, la réponse de madame Perras indique qu'elle ne semble pas savoir qu'elle est contestée. Ça m'apparaît comme un manque de sensibilité par rapport au milieu. » Puis il commente pour nous la lettre de madame Perras point par point:

Louise Perras: « Votre affirmation à l'effet que le conseil d'administration du CESAM est "déserté", est inexacte. Depuis sa création à titre d'entité autonome en 1997, le CESAM a tenu huit (8) réunions de son conseil d'administration qui ont toutes été régies par la règle du quorum et se sont déroulées dans le plus grand sérieux. »

Robert Dutrisac: « Le sérieux, je n'en doute pas. Quant au quorum, il est établi à sept pour un conseil de 21 membres. il a été à peine atteint en décembre dernier. Quelque 80 personnes sont passées au conseil [depuis 1995, NDLR], ce qui prouve combien ses membres s'y intéressent. D'ailleurs, le conseil n'est pas vraiment décisionnaire et l'enthousiasme a déserté plusieurs des compagnies membres... »

Louise Perras: «  Vous indiquez "son membership est en perte de vitesse". C'est faux, puisque le CESAM compte, en date d'aujourd'hui, 27 membres, soit six de plus qu'à la fin du dernier exercice financier qui s'est terminé le 31 mai 1998. »

Robert Dutrisac: « Le CESAM est en perte de vitesse car il est incapable d'attirer de nouveaux membres dirigeants à 25 000 dollars de cotisation annuelle. Deux d'entre eux (le Centre NAD et Musitechnic) se sont retirés, devenant membres associés à 5 000 dollars. Six membres de plus à 5 000 dollars et deux passant de 25 000 à 5 000 dollars, cela représente un trou de 10 000 dollars. »

Soit dit en passant, le plan d'action triennal du CESAM prévoit une augmentation rapide de son taux d'autofinancement. Pour l'année fiscale 1998-99, il serait de 400 000 dollars, dont 385 000 dollars d'atteint, selon Robert Dutrisac. Mais il doit passer à 600 000 dollars l'an prochain, puis à 900 000 dollars en 2000-01. Dans l'état actuel des choses, cela semble très irréaliste.

Louise Perras: « Il est mensonger de prétendre que le CESAM "n'a pas réussi à placer le Québec sur la carte mondiale du multimédia". Les actions formelles du CESAM parlent d'elles-mêmes. »

Robert Dutrisac: « Certes, il y a bien des journalistes et des hommes d'affaires invités de temps à autre. Mais relisez mon article, c'est Stéphane Le Bouyonnec, président du conseil du CESAM qui le dit "Mis à part le Dictionnaire visuel, on n'a pas été chanceux avec les produits de masse. On n'a pas été capable de se mettre sur la map". Madame Perras ne l'a pas compris? Avant de faire de la promotion, il faudrait peut-être songer à faire des produits. »

Louise Perras: « Le CESAM commandite une initiative que réclame l'ensemble du milieu du multimédia québécois: un programme de veille commerciale et technologique qui profite à tous et qui rejoint le rôle de rassembleur et de catalyseur que nous jouons déjà dans le secteur.. »

Robert Dutrisac: « La veille? Ils commencent à en faire. Madame Perras m'a dit qu'une personne dont on n'a jamais entendu parler a été engagée pour y voir. Qu'ils en fassent et on en reparlera. »

Louise Perras: « Je vous informe qu'une firme de la Ville de Québec, membre associé du CESAM, vient d'obtenir un important contrat grâce à notre aide. »

Robert Dutrisac: « Parlons-en: il s'agit de Marcotte Multimédia, l'entreprise qui a réalisé, entre autres, le site Web du CESAM. C'est le seul petit producteur associé au CESAM. Ils font un site pour, disons, 20 000 dollars et ils en reversent 5 000 pour devenir membre... ».

Louise Perras: « Ce qui me semble plus grave encore, c'est que le manque de rigueur laisse malheureusement planer dans le public l'impression que les fonds qui nous sont confiés sont mal utilisés. »

Robert Dutrisac: « Que répondre? Je fais mon travail et c'est un fait que le CESAM est sujet à une critique généralisée. Les gens qui m'en parlent ne veulent pas être cités, c'est leur droit. Je suis le CESAM depuis des années, je constate que cela n'a jamais vraiment fonctionné... »

Christian Aubry (avec l'aide de Robert Dutrisac :-)

Plus de détails dans la lettre de Louise Perras.
Voir aussi l'article de Denis Lessard publié dans La Presse.








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