Comment résoudre la pénurie de personnel qualifié en nouvelles technologies? Au Québec, le Programme de Réorientation des Ingénieurs Sans Emploi (PRISE) fournit un élément de réponse.
Développé en géré par CRIM Formation, une division du Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), le programme PRISE vise à réorienter les ingénieurs civils ou de génie mécanique sans emploi vers les technologies de l'information. Après la diffusion d'une seule et unique annonce par l'Ordre des ingénieurs du Québec, 500 personnes (sur 3 000 ingénieurs sans emploi) se sont montrées interessées par cette reconversion.
Le CRIM établit le profil de chaque candidat, intégrant ses compétences techniques, ses intérêts personnels et sa mobilité. Les entreprises en manque de développeurs ou de gestionnaires de réseaux peuvent alors choisir leurs futures perles rares dans la banque de CV et la formation peut commencer.
Un premier groupe test de 12 ingénieurs a été formé le 4 janvier dernier. Engagés par six entreprises différentes, ils suivront une formation de base intensive de trois mois. Puis, au cours des neufs mois suivants, ils passeront deux jours par semaine au CRIM et les trois autres en stage actif dans leur entreprise.
Pendant sa formation, le stagaire reçoit un salaire d'un montant suggéré comme acceptable de 25 000 dollars par année. 40 % de la somme est couverte par le ministère de l'Industrie et du Commerce (MICST), de même que 40 % des frais d'inscription de 12 500 dollars versés au CRIM par l'entreprise.
En
entrevue, Pierre Lecavalier, directeur général de CRIM Formation, nous expliquait la semaine dernière qu'il espère ainsi former une centaines de personnes au cours des prochains douze mois. Il voudrait également « passer le flambeau » à d'autres organismes en régions, puisque ce programme n'est pour l'instant disponible qu'à Montréal et, éventuellement, à Québec.
Le bagage des ingénieurs-candidats constitue une garantie qu'avec la formation adéquate, ils seront vite et efficacement à pied d'oeuvre. Au final, cette opération de « recyclage » est aussi bonne pour les employeurs que pour les employés eux-même, puisqu'ils se verront propulsés dans un secteur d'activité où la demande ne tarira pas avant longtemps.
Elle ne répond cependant qu'à une infime partie du problème de pénurie de main d'oeuvre soulevé la semaine dernière par Montréal Technovision. Mais c'est déjà quelque chose, alors applaudissons.
Visitez le site Web du programme PRISE.
Plus de détails dans
notre entrevue (5ème séquence).
On s'attelle au problème dans la section Dossiers.