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Une agence de presse au bord de la crise de nerf

Canoë 
29/01/1999 16h48 

L'agence de presse nationale belge est en pleine crise. Troublé, le syndicat des employés a déballé sa version des faits sur un site Web. Un geste de transparence qui met la direction dans tous ses états.

Dans un article certes très détaillé, mais au ton aussi sobre que possible, les représentants du personnel de Belga exposent leur vision de la situation:
Belga est une sorte de « coopérative de services » incapable de mener à bien sa diversification en raison d'« d'un manque d'investissements » (elle n'investit que 0,12 % de son chiffre d'affaires en R&D) et « d'un certain amateurisme »;
Il y règne un climat tendu au niveau de la direction, « découlant en grande partie de l'incapacité du directeur-général à faire confiance à qui que ce soit »;
On ne se bouscule pas aux postes délicats « dans un contexte où toute prise de responsabilité s'apparente à une mission suicide »;
La formation professionnelle « s'est limitée en 1998 à une heure d'informatique et à une heure d'Internet... Une première »;

Paralysée, la direction a commandé un audit à Price WaterhouseCoopers (PWC). Selon une fuite « coulée » en décembre dans la presse flamande et non démentie, cet audit recommanderait une réduction de 15 % du personnel. Celui-ci, bien entendu, n'est pas vraiment d'accord.

En dernière analyse, le syndicat estime que le problème provient de « l'incapacité croissante des éditeurs [de journaux actionnaires de Belga] de concevoir des projets communs et dans leur crainte de voir Belga les concurrencer sur certains créneaux nouveaux (médias électroniques). »

À ce sujet, notons que le président du Conseil d'administration, Leo Neels, et le directeur général de l'agence, R.V. De Ceuster, n'apprécient pas du tout que leurs propres journalistes les concurrencent ainsi en diffusant sur Internet une information de cette qualité. Il la qualifient même de « quasi-hystérique », rédigée par « des lâches » dont ils stigmatisent « les insinuations et les attaques personnelles ».

Mais les journalistes syndiqués rétorquent que leur ton est mesuré et que leurs dirigeants ne se gênent pas pour exprimer leur propre point de vue dans la presse, ce qui est vrai.

Bref, voici un cours de rattrapage efficace pour les dirigeants de Belga. Leçon n°1 : sur Internet, les citoyens naissent libre et égaux en droit...

Christian Aubry

Voir l'analyse syndicale de la situation.
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