Postes Canada tente de redorer le blason du timbre-poste en diffusant de doux messages dans les salles obscures. Elle n'en cherche pas moins à se positionner dans la nouvelle « e-conomie ».
Curieusement, c'est une dépêche de ZDNet France qui a attiré notre attention sur la « campagne publicitaire massive pour promouvoir le plaisir d'écrire des lettres... sur papier » entreprise par Postes Canada. Vérification faite auprès d'un porte-parole de cette société de la Couronne, une série de messages publicitaires est bien diffusée actuellement dans 1 180 salles Cineplex Odéon à travers le pays.
Dans l'univers radieux de la techno-société canadienne, ces messages nagent résolument à contre-courant. On y voit de gentils timbres postes flottant dans les airs, pénétrant dans une auto pour effleurer le coeur d'une épouse qui vient de quitter son mari (happy end : elle revient), redonnant du coeur à l'ouvrage à un pianiste en mal d'inspiration, etc.
Moralité primaire: les choses du coeur, c'est sur la trame aléatoire et texturée d'une feuille de papier que cela s'écrit, pas sur le fond immatériel d'un écran – fut-il à matrice active – dans un banal Times Roman corps 10. Moralité secondaire: quand on a perdu 10 % de son marché en cinq ans, il est temps de faire quelque chose, n'est-ce pas?
Au-delà de l'opération « dites-le avec un timbre », Postes Canada fait ce qu'elle peut pour s'adapter à l'ère électronique, comme en témoigne le très récent lancement de la phase bêta 2 du service PosteCS. Elle offre aussi toute une gamme de services électroniques hybrides aux entreprises, comme la production de publicité, de sollicitations, d'avis et de bulletins (la médiaposte) ou la Poste-lettres électronique.
Quant à la « boîte postale électronique », que ZDNet cite comme un fait accompli, elle ne devrait pas naître avant la fin de l'année. Il s'agira d'un compte protégé par un code d'accès secret où l'on pourra se faire envoyer ses factures, remplir des formulaires et recevoir des circulaires ou des publications. Comme dans le cas d'une boîte postale physique, l'usager devra aller la consulter de son propre chef et les frais afférents seront à la charge de l'expéditeur.
Quoi qu'il en soit, Postes Canada évolue dans des eaux hautement concurentielles, misant sur son image de marque « sérieuse » et fiable pour prendre sa place dans l'économie numérique.
Le cyber-commerce ne peut que lui faire du bien, puisqu'il faut bien que quelqu'un achemine les pesants colis commandés en ligne. Mais, encore là, la concurrence des services de messageries privées n'est pas tendre...
Christian Aubry
Voir la dépêche de ZDNet France.
Plus de détails sur les « e-services » de Postes Canada.