La dernière mise à jour de Linux dope le noyau de ce système, le rendant d'autant plus attrayant pour les entreprises et les manufacturiers qui commencent à lui faire les yeux doux.
L'acte de naissance officiel de la version 2.2 du kernel de Linux, ce système d'exploitation « libre » qui suscite tant d'intérêt, a été officiellement prononcé ce lundi par un Linus Torvald très superstar et reposé après quelques jours de repos bien mérités. C'est tout un événement dans la communauté linuxienne qui le commente abondamment.
Et cet événement a été analysé de prêt par les états-majors de plusieurs grands manufacturiers qui se décident enfin –
oblige – à ébrécher quelque peu le monopole jusqu'ici réservé à Windows sur leurs nouvelles machines.
Ainsi apprenait-on récemment que Compaq serait sur le point, selon le Wall Street Journal, de commercialiser des serveurs équipés de la distribution Linux Red Hat 5.2 preinstallée. Ce matin même, Hewlett-Packard annonçait la même nouvelle et il semble que Silicon Graphics (SGI) soit sur le point d'en faire autant.
Par un étrange renversement, signalons que le noyau Linux 2.2 supporte maintenant les nouvelles Visual Workstations de SGI, spécialement conçues pour rouler sous Windows NT. SGI publie même une note officielle à ce sujet.
À part ce détail, Linux 2.2. supporte mieux les processeurs x86, les cédéroms ATAPI, gère les cartes sons de manière plus flexible, reconnait de nombreux systèmes de fichiers, propose une meilleure internationalisation, etc. Surtout, il roulera beaucoup mieux en configuration multi-processeurs (en acceptant jusqu'à 16) et sur certaines plateformes industrielles (Sparc64 ou Alpha) ou bureautiques (m68k et Power PC, y compris Macintosh!).
La gestion des BIOS PCI a été également été améliorée, ainsi que celle des cartes PCMCIA et des périphériques de stockage SCSI et IDE. Malheureusement, le branchement de ports USB devra recourir à un module externe et la compatibilité des brûleurs de CD, encore peu normalisés, restera parfois problématique.
Bref, la table est mise pour un réel décollage de Linux en entreprise: un système plus fiable et plus compatible que jamais, la préinstallation sur les machines des plus grands constructeurs, une logithèque peu onéreuse, variée et, enfin, un modèle de développement ouvert qui permettant d'échapper au piège des systèmes propriétaires. Que demande la vice-présidence? :-)
Même si Microsoft n'en mourra pas, ce qui ne serait tout de même pas bon pour l'infodiversité, espérons qu'elle retiendra la leçon: l'industrie et ses clients veulent désormais des solutions plus ouvertes, moins coûteuses et, surtout, interopérables afin de mieux rentrer dans leur investissement.
À propos de Compaq, voir Linux Center. À propos de HP et CGI, voir News.com. Voir aussi le communiqué de l'AFUL sur L2.2. Plus de détails dans Linux Today.