C'est dans le but d'améliorer la sécurité des transactions électroniques qu'Intel fournira bientôt à ses processeurs un numéro d'identification unique et y implantera un générateur de nombres aléatoires.
D'après ZDNet, le géant du microprocesseur Intel affirme que les fabricants d'ordinateurs, les intégrateurs de systèmes et même les consommateurs réclament cette fonctionnalité depuis plusieurs années. En « tatouant » ses puces, l'entreprise espère voir émerger « un monde d'ordinateurs sécurisés » (a world of trusted pc's), où l'identité des utilisateurs sera étroitement associée à l'ordinateur qu'ils utilisent.
Bien entendu, les défenseurs de la vie privée, dont Barry Steinhardt de l'American Civil Liberties Union (ACLU), estiment que cette mesure aura pour première conséquence de faire disparaître l'anonymat sur Internet et de permettre de suivre les déplacements des internautes à la trace, une perspective plus qu'inquiétante pour Steinhardt.
Dans l'espoir de contrer les inquiétudes toutefois, la géante nie catégoriquement avoir l'intention de monter une base de données sur l'identité des gens, et parle même de rendre disponible une rustine (patch) permettant aux consommateurs qui le désirent de conserver leur anonymat sur le Net. Du coup, ce seront les consommateurs désireux de réaliser des transactions plus sécures qui profiteront de cette mesure.
Celle-ci aurait aussi pour avantage de rendre plus difficile la revente d'ordinateurs volés. Mais, dans une entrevue avec ZDNet, l'ingénieur logiciel Dan McCoy déclare pour sa part que cette volonté d'associer l'identité des individus à celle des ordinateurs ne fonctionnera pas. L'obligation de signaler à « Big Brother » les changements de propriétaire ne fera qu'irriter les consommateurs.
De plus, chaque internaute ne possède pas nécessairement l'ordinateur qu'il utilise. Si l'on exige que les consommateurs prouvent leur statut de propriétaire avant de voir acceptées leurs transactions, les grands perdants ne seront-ils pas les cybercommerçants eux-mêmes? C'est ce que pense Paul B. Smith, un administrateur de systèmes informatiques de Virginie.
Enfin, le tatouage des microprocesseurs fournira peut-être une preuve utile aux autorités judiciaires qui pourront ainsi poursuivre le possesseur d'un ordinateur pour toute utilisation illégale de celui-ci. Le cas échéant, ce sont les accès Internet publics (bibliothèques, etc.) qui en prendront pour leur rhume!
Ceci dit, nous nous dirigeons peut-être vers une ère ou chaque ordinateur, à l'instar des automobiles, devra être immatriculé auprès du gouvernement. La métaphore des « autoroutes de l'information » prendrait alors tout son sens.
Si le commerce électronique doit faire un jour partie de notre vie quotidienne au même titre que les guichets automatiques, il faudra bien choisir entre une immatriculation de plus ou le risque de voir son compte en banque s'évaporer dans le cyberespace...
Bruno Fortin
Voir la dépêche de ZDNet France.
Un article sur l'opinion des consommateurs (ZDNN).
Intel se défend de faire de l'espionnage (ZDNN).