Signe des temps, la visite pastorale du pape Jean-Paul II dans le Missouri a des retombées sur Internet: le site Web www.papalvisit99.com est provisoirement fermé sur ordre de la Cour.
C'est que ce site, monté par un promoteur de « contenus pour adultes » de Seattle, Internet Entertainment Group (IEG), sous couvert de l'entreprise de télécommunications Gemini Communications Management, ne contenait pas que des informations sur la visite papale qui aura lieu les 26 et 27 janvier prochains. On y trouvait aussi des affirmations douteuses sur les « scandales sexuels papaux », des blagues anticléricales et, bien entendu, des liens vers les sites pornos du groupe.
L'Archidiocèse de Saint-Louis n'a pas aimé. Il a traîné IEG en Cour fédérale et obtenu une injonction de fermeture provisoire du site vendredi dernier. Mercredi, le juge Stephen Limbaugh a confirmé sa décision provisoire et reporté les audiences à mardi prochain.
L'archidiocèse allègue que le site papalvisit99.com ternit l'appelation officielle « Papal Visit 1999 », ainsi que son propre site dédié à l'événement. Un porte-parole indique qu'il a reçu plusieurs appels téléphoniques de fidèles se demandant si le site de l'archidiocèse n'avait pas été piraté!
Le pape se retrouve ainsi au coeur d'une querelle de noms de domaine et de propriété intellectuelle. Selon le Post-Dispatch de Saint-Louis, l'archidiocèse parle de « violation de marque déposée [sic], d'atteinte à la réputation d'affaires [re-sic] et d'autres offenses civiles ». IEG réplique en cour en affirmant que le terme « papal visit » est générique et que l'archidiocèse ne dispose pas d'un « droit de veto sur le Premier amendement » de la constitution américaine qui protège la liberté d'expression.
IEG est une habituée des tribunaux et des plaintes pour atteinte aux marques de commerce sur Internet. En 1996, l'une des premières poursuites dans laquelle elle fut impliquée (l'affaire Candyland) est toujours un cas d'école. Elle aime bien aussi marier les contenus à caractères sexuels avec d'autres sujets, comme les cotations boursières, par exemple ceci dit, bien entendu, sans jeu de mots :-)
Christian Aubry
Voir la dépêche de l'AFP.
Plus de détails dans le Post-Dispatch.