L'Internet Society soutient la mise en garde de l'IAB et de l'IESG, qui déplorent la limitation à l'export des techniques de chiffrement récemment adoptée par les pays développés membres des accords de Wassenaar.
L'Internet Architecture Board (IAB) et l'Internet Engineering Steering Group (IESG), deux organismes internationaux travaillant à l'architecture technologique du réseau des réseaux, avaient indiqué il y a trois ans que le seuil de sécurité permettant d'assurer le développement des communications et du commerce sur Internet n'est atteint qu'avec des clés de 90 bits et plus. Les accords de Wassenaar parlent aujourd'hui d'interdire l'exportation des produits cryptographiques dépassant les 64 bits.
L'été dernier, la Electronic Frontier Foundation a démontré qu'il était possible de casser une clé de chiffrement à 56 bits en 56 heures sur un simple réseau de PC. En fait, estiment l'IAB et l'IESG, il faudrait moins d'un jour pour casser un code à 64 bits en y mettant le prix: 2 500 dollars US par bit. Et ce prix ne fera que baisser au fil des ans, ce qui fait que le seuil de sécurité devrait être augmenté en conséquence, contrairement à la proposition de Wassenaar.
Outre les menaces liées à la confidentialité et aux activités criminelles, les deux organisations s'inquiètent de l'impact négatif que ces restrictions peuvent avoir sur les pays en voie de développement: « De nombreux pays arrivent sur le réseau et manquent de ressources financières et techniques pour développer leurs propres capacités cryptographiques. L'exportation de produits de chiffrement fort contribuera au développement de leurs réseaux de communication et de commerce. »
Cette analyse est partagée par l'ISOC, qui se targue de représenter des usagers d'Internet présents dans 150 pays. Elle renforce de tout son poids les arguments des opposants au volet cryptographique des accords de Wassenaar.
Surtout, elle met une fois de plus en évidence le fossé séparant la logique des États-nations, héritiers du pouvoir militaire, et celle des artisans du cyberespace, inspirée par l'idée d'un pouvoir supranational, collaboratif et citoyen.
Christian Aubry
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Plus de détails dans le communiqué de l'ISOC.