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Donne-moi tes empreintes, je te dirai qui...

Canoë 
22/12/1998 16h48 

Le futur système automatisé d'identification des empreintes digitales que lancera le FBI en juillet prochain sera quasi obsolète à sa naissance. Mais il pourrait ouvrir un nouveau marché logiciel aux États-Unis.

À l'heure actuelle, il faut en moyenne 33 jours au FBI pour effectuer une recherche manuelle dans son fichier criminel d'empreintes digitales, selon le dernier Technology Review. Au cours des six premiers mois de l'année, les services de police américains auraient ainsi relâché plus de 5 000 criminels en fuite parce que l'identification de leurs empreintes digitales n'a pu être effectuée à temps.

Les États américains ont depuis longtemps adopté des systèmes plus modestes de gestion informatique des empreintes. En chantier depuis 1990, celui du FBI, le Integrated Automated Fingerprint Identification System (IAFIS), doit entrer en service en juillet prochain. Développé par l'industriel de la défense Lockheed Martin, son engin de recherche fouillera une base de données numériques de plus de 32 millions d'enregistrements contenant chacun les empreintes des dix doigts – soit environ 750 Ko de données compressées.

Mais s'il peut traiter 60 000 recherches d'empreintes complètes par jour, cet outil ne résoudra pas le problème des policiers confrontés à des bribes d'empreintes suspectes relevées sur les lieux du crime. Seulement 635 de ces recherches d'un seul doigt pourront être livrées chaque jour. Chaque État et chaque agence fédérale n'aura droit qu'à quelques recherches quotidiennes – infiniment moins que leurs besoins réels.

Par ailleurs, ce système résidant sur les macro-ordinateurs du FBI est déjà battu en brèche par la technologie PC. Une société de Pittsburgh propose déjà depuis l'été dernier AFIX Tracker, une application Windows résidant sur un Pentium II et pouvant gérer 30 000 empreintes sur un disque dur de 11,5 Go, soit assez d'information pour un service de police local. À terme, l'ensemble de ces bases de données locales pourraient être mises en commun sur Internet à partir de moteurs de recherches ou autres agents intelligents spéciaux.

De plus, le logiciel de recherche développé par Lockheed Martin tombera dans le domaine public en novembre prochain. « Ce sera comme la déréglementation des entreprises de téléphone, estime un spécialiste. De nombreuses entreprises de logiciels s'intéresseront à ces systèmes », avec comme conséquence la baisse des prix qui va de pair.

Christian Aubry

Plus de détails dans Technology Review.
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