Le boycottage d'Internet ce dimanche en France a été un « gros succès », selon les organisateurs, mais la baisse de fréquentation aura été « relativement minime », si l'on se fie à France Télécom.
Pour mesurer l'impact du mouvement, l'Association des internautes mécontents (ADIM) a colligé les statistiques de fréquentation d'un certain nombre de sites Web. La baisse observée est très variable, allant de 20 à 85 %. Le fournisseur d'accès WorldNet (50 000 abonnés), qui soutenait le mouvement de grève, annonce pour sa part 48 % de connexions en moins par rapport au dimanche précédent.
De son côté, France Télécom a donné comme baromètre la baisse maximale de 10 % enregistrée sur le réseau Transpac qui draine 70 % du trafic Internet français, notamment celui des gros fournisseurs d'accès comme Wanadoo, AOL/Compuserve/Havas On Line, Club Internet et une partie du trafic d'Infonie. Pour leur part, Club-Internet fait état d'une baisse de 15 % et AOL estime qu'elle aura atteint 20 % à l'heure de pointe.
Le succès est donc réel mais mitigé, conclut Libération, selon que les fournisseurs d'accès aient ou n'aient pas appelé eux-mêmes à la grève. Cette avalanche de chiffres rappelle par ailleurs la tradition des manifestations de rue, les journalistes citant toujours les chiffres (conservateurs) de participation donnés par la police aux côtés de ceux (optimistes) observés par les manifestants. Il est admis que la réalité se situe quelque part entre les deux.
Ce qui reste certain, cependant, c'est que le mouvement fera date et que France Télécom, refusant a priori le tarif fixe à la mode nord-américaine réclamé par les internautes, renvoie la balle à l'Autorité de régulation des télécommunications (ART) qui lui a refusé des baisses de tarifs ciblés vers les écoles ou sur le marché de la deuxième ligne.
Interrogé dimanche par sur France-Info, le président de l'entreprise a par ailleurs mis en doute le « modèle américain », indiquant qu'une baisse excessive des tarifs de communications pénaliseraient les nouveaux arrivants sur le marché (et, donc, la concurrence). Selon lui, certains opérateurs yankees songeraient même à facturer le trafic Internet selon le volume de données échangées. Si tel est le cas, il faut s'attendre à ce que le mouvement de grève gagne l'Amérique dès l'annonce d'un tel plan!
Mais en France, les voix politiques réclamant une solution au problème des coûts de télécommunications locales qui pénalisent le virage Internet français se multiplient. Après Laurent Fabius, président de l'Assemblée nationale, et Alain Madelin, président du Parti Démocratie libérale, le ministre de l'Économie, Dominique Strauss-Kahn, a déclaré lundi qu'il demanderait à l'ART « de rechercher, en concertation avec les opérateurs, une solution qui soit à la fois respectueuse de la concurrence et plus favorable aux internautes ».
Christian Aubry
Voir la dernière dépêche de l'AFP.
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