La Chine s'éveille à la sécurité informatique, mettant en place un centre anti-virus et adoptant un plan « anti-hackers » destiné à sécuriser ses réseaux d'affaires.
Jusqu'ici, les éditeurs chinois de publications électroniques sont mal équipés contre les virus informatiques. Le China Daily rapporte le cas du China Computer Journal dont la version électronique d'octobre sur CD-ROM contenait le virus destructeur CIH. Un nouveau centre anti-virus établi à Pékin offrira un service gratuit d'analyse et de désinfection des CD et autres disquettes afin de les garantir 100 % sans virus.
Par ailleurs, la firme pékinoise Beixinyuan Automation Technology a mis au point une « solution totale », approuvée par le ministère de la Sécurité Publique, pour protéger les réseaux Novell Netware très répandus en Chine d'éventuelles attaques informatiques. Un premier cas de piratage avait été rapporté dès 1986 (le pirate, qui court toujours, avait réussi à détourner 2 400 dollars US) et le nombre de « crimes informatiques » perpétrés en Chine (plus de 180 l'an dernier) augmenterait de 30 % par an.
Lors d'un séminaire organisé la fin de semaine dernière à Pékin, la vulnérabilité des réseaux d'entreprises chinoises connectés à Internet a été clairement démontrée. Les testeurs n'ont eu aucun mal à s'introduire dans les réseaux locaux en y acquérant des droits d'administration permettant d'accéder à n'importe quelle information.
Cette opération défensive, qui vise à faire connaître les dangers du piratage et à proposer aux acteurs économiques des solutions fiables, cite au premier chef les dangers de détournement économique posés par les « hackers ». Mais on ne peut oublier que le gouvernement chinois cherche également à contrôler les informations politiques circulant à son sujet sur le réseau mondial, comme en témoigne le procès du dissident Lin Hai, reporté la semaine dernière pour « complément d'information ».
Christian Aubry
Voir l'article du China Daily sur le centre anti-virus.
Voir aussi la dépêche de l'AFP sur la sécurité...
... et sa source dans le China Daily.
Plus de détails sur Lin Hai (ZDNet).
Sur le fond de cette affaire, voir le New York Times.