Le service Sympatico fêtait hier ses trois ans d'existence. Trois ans de déficits l'amenant à réviser sa stratégie afin d'atteindre l'équilibre financier à la fin de l'an prochain.
Officiellement lancé au Québec le 24 novembre 1995 par MédiaLinx, une société en commandite de l'Alliance Stentor, Sympatico a réussi au bout de trois ans à s'imposer comme le premier fournisseur Internet au Canada: 453 000 abonnés, dont 85 000 au Québec, Bell Canada offrant le service sur 80 % de son territoire sans frais d'interurbain.
Dans le même temps, le site Sympatico s'est hissé au rang de portail francophone le plus fréquenté au Québec, avec 10 millions d'impressions par mois (en incluant son moteur de recherche Carrefour.net), de nombreux services (Canada 411, Pages Jaunes, Canada Sans Frais, Postino, InfoExpress...) et un éventail de fournisseurs de contenus (AppartNet, Saveurs du monde, Voyagez, Métamorphoses, Impact Emploi, L'Autonome, IGA...).
Mais la rentabilité se fait attendre. Les entreprises de télécommunications finançant ce laboratoire de leurs services à valeur ajoutée du futur – et en premier lieu Bell, qui possède plus de 80 % des actions de MédiaLinx et qui dessert 98 % de la clientèle francophone de Sympatico – voudraient voir poindre les premiers retours sur leur investissement. Le conseil d'administration de MédiaLinx s'est donc donné comme objectif d'atteindre l'équilibre financier fin 1999, puis d'engranger ses premiers profits en l'an 2000.
Après études internes et panels de consommateurs, Sympatico se réaligne dans deux directions. D'abord, cette compression des effectifs de 30 % (33 postes coupés sur 118, dont 4 sur 14 à Montréal) annoncée il y a quelques semaines, afin de comprimer les dépenses. Ensuite, une révision stratégique visant à profiter pleinement des prochaines vagues de nouveaux internautes.
Pour maîtriser les dépenses, Sympatico « s'est inspiré du modèle que nous avons mis en place au Québec, affirme Jean-François Deschênes, directeur du contenu francophone. Contrairement à la division de Toronto (et sans doute faute de budgets similaires), Sympatico Montréal établit en effet des partenariats avec des producteurs externes, partageant les revenus publicitaires avec eux. « Ainsi, nous assumons le moins de frais possible pour l'hébergement et la production, poursuit M. Deschênes, n'intervenant qu'aux niveaux de la commercialisation et du contrôle de la qualité. » Autre avantage de la généralisation du modèle: « On connait maintenant les frais afférents à la gestion d'un portail de cette envergure. »
Pour augmenter les revenus, Sympatico dévoilait ce matin en réunion de presse son opération « Offensive 1999 », dont les mots d'ordre sont:
Anticiper, en se mettant à la place du client;
Innover, en proposant des solutions d'avant-garde;
Simplifier, pour faciliter la vie des clients.
Suite aux groupes de discussions identifiant les attentes des internautes, Sympatico Bell (ce sera désormais sa nouvelle appellation par ici) va développer une nouvelle trousse de démarrage simplifiée, exigeant pour s'installer le minimum d'intervention de l'utilisateur. Elle a déjà intégré à sa page d'accueil une fenêtre de recherche dans Carrefour.Net, qui vient d'être redessiné, et travaillera à rendre la navigation plus fluide sur l'ensemble du site. Mon Sympatico à moi, version française de l'interface personnalisée My Sympatico, verra le jour en janvier prochain: horoscope sur mesure, nouvelles et liens à la carte, choix de forums, météo locale, mini-carnet d'adresses et liens personnels.
Enfin, les négociations entamées il y a un an avec France Télécom seraient sur le point d'aboutir. Elles porteront notamment sur une alliance entre le moteur de recherche Voilà et Carrefour.Net. Les produits résultants de ce partenariat seront partagés lorsque l'intérêt sera réciproque, conservant leurs identités respectives dans d'autres cas. Une importante entente similaire mais encore secrète devrait être dévoilée prochainement.