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L'avenir de Mozilla aux mains d'AOL

Canoë 
25/11/1998 16h47 

Finalement confirmé hier après-midi, Le rachat de Netscape par AOL brouille les cartes d'un jeu déjà extrêmement complexe et suscite quelques inquiétudes. Qu'adviendra-t-il, en premier lieu, du développement de Mozilla?

La prochaine version de Netscape Communicator fait l'objet d'une license NPL de type logiciel libre; elle est développée par des centaines de programmeurs se référant à l'organisation Mozilla.org. Or, celle-ci ne compte que trois employés payés par Netscape, et la plus grosse partie du code source est développé par une centaine d'employés de la maison-mère mobilisés à cette fin.

Dès lundi, Jamie Zawinski, webmestre de Mozilla.org, a publié une analyse plutôt rassurante rappelant que son organisation avait un agenda différent de celui de Netscape, et qu'AOL ne chercherait sans doute pas à torpiller le travail déjà effectué. Ceci dit, il entrevoyait la possibilité qu'AOL lui retire son soutien, encourageant les développeurs qui le désirent à prendre le code source libre en l'état et à le développer indépendamment.

Selon leurs propres déclarations, les dirigeants d'AOL n'auraient pas l'intention d'interférer dans le développement de Communicator 5. Ils continueront même à distribuer le fureteur de Microsoft, restant fidèle à leur entente avantageuse avec la firme de Redmond. Il faut dire aussi que la technologie actuelle de Communicator 4.5 ne permet pas une intégration aussi fine au logiciel d'AOL qu'Internet Explorer.

De son côté, Le Consumer Project for Technology (CPT) animé par l'avocat américain Ralph Nader s'oppose au rachat de Netscape par AOL pour différentes raisons, dont le danger pesant sur la compatibilité future de Communicator avec les plateformes non-Windows. AOL a déjà prouvé que, concurrence ou pas, elle était prête à faire le jeu de Microsoft pour peu qu'elle y trouve son compte. Dans un de ces deals de « coopétition » dont l'industrie a le secret (dans tous les sens du terme), elle pourrait fort bien, en effet, laisser tomber les versions conçues pour Linux ou d'autres systèmes d'exploitation.

Mais il faut compter aussi avec la communauté des développeurs de logiciels libres qui a le vent en poupe, ces temps-ci, et qui ne manquera pas se suivre ce dossier de près. La license NPL étant irréversible, on peut compter sur elle pour veiller au grain, quitte à ouvrir un nouveau front si les solutions Internet alternatives étaient sérieusement menacées.

Voir l'article du Monde sur le rachat.
Plus de détails sur la position du CPT.
L'analyse rassurante de Jamie Zawinski.








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