Pour compenser la baisse de revenu engendrée par celle du prix des micro-ordinateurs, Microsoft a caressé l'idée d'imposer un frais d'abonnement annuel aux utilisateurs.
Révélé hier lors d'une audience du procès MS/DOJ, un mémo interne datant de décembre 1997 fait état du danger que pose, pour Microsoft, l'inexorable baisse tarifaire des micros grand public – certains systèmes complets se vendent actuellement 600 dollars US aux États-Unis.
À l'époque, l'auteur du mémo estimait que la part de coût de Windows, pour les fabricants, pourrait atteindre rapidement 10 % du prix total (ce pourcentage étant peut-être déjà supérieur aujourd'hui). Or, plus le coût relatif augmente, et plus le risque est grand de voir les grands fabricants chercher une solution alternative: soit pas d'OS du tout (un scénario incertain au plan commercial), soit un autre système d'exploitation.
Une solution envisagée serait d'offrir un prix inférieur aux fabricants pour une version de Windows de type partagiciel, c'est à dire limitée dans le temps. À charge ensuite, pour les consommateurs, non pas d'acquérir la licence complète, mais de contracter un abonnement annuel à coût modique afin de continuer à utiliser leur ordinateur et obtenir les mises à jour de l'OS. Ce serait d'autant plus intéressant qu'il rendrait les consommateurs aussi « captifs » que les fabricants.
Pour autant, ce scénario n'est pas « près de la réalité, selon le porte-parole de Microsoft au procès, Mark Murray. C'est simplement une idée qui est proposée [dans le mémo] afin d'être explorée. »
Cela n'a pas empêché Frederick Warren-Boulton, un économiste intervenant à titre d'expert du gouvernement, d'en conclure que « Microsoft a monté ses prix de façon significative au-dessus du niveau concurrentiel » Et l'hypothèse, toute théorique soit-elle, d'un abonnement obligatoire pour l'utilisateur démontre qu'elle compte bien préserver d'une manière ou d'une autre de cette poule aux oeufs d'or.
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Lire le témoignage de Warren-Boulton (HTML, 332 Ko).