Microsoft a annoncé hier qu'elle respecterait l'injonction préliminaire lui donnant 90 jours pour conformer sa machine virtuelle Java aux spécifications de Sun Microsystems.
Le juge Ronald Whyte, de la Cour du District Nord de Californie, a reconnu le bien-fondé de la poursuite lancée par Sun Microsystems contre Microsoft pour non-respect de la license et des normes établies par Sun pour l'implémentation de la technologie Java dans Windows 98, Internet Explorer 4, les outils de développement SDKJ (Software Development Kit for Java) versions 2.0 et 3.0, ainsi que Visual J++ 6.0 (VJ 6.0).
En conséquence, il a rendu une ordonnance préliminaire ordonnant notamment à Microsoft:
De ne plus vendre ou distribuer, sous 90 jours, aucun système d'exploitation, fureteur et outils de développement contenant du code dérivé de Java non conforme aux spécifications de Sun, à moins que l'implémentation des routines ne passent correctement les tests de compatibilité de Sun.
Les outils de développement SDKJ 2.0, SDKJ 3.0 et VJ 6.0 devront désactiver par défaut le mode de compilation et les extensions de clavier ajoutés illégalement, selon les termes de la license, par Microsoft dans sa version de Java.
Microsoft pourra néanmoins conserver ces options mais une fenêtre d'avertissement devra apparaître lorsque les programmeurs décideront de les utiliser, au risque de créer des programmes incompatibles avec les plateformes non-Microsoft.
Microsoft n'a plus le droit d'incorporer de nouvelles extensions de clavier ou instructions de compilation non-compatibles Java dans ses outils de développement.
Elle ne pourra plus non plus publiciser ses produits comme la référence officielle d'implémentation Java – mais peut vanter, en revanche, les performances de sa propre implémentation.
Comme de raison, les deux parties se félicitent de ce jugement préliminaire qui fige la situation dans l'attente d'un jugement sur le fond. Sun se dit confiant et affirme sa volonté de travailler très fort, avec ses partenaires qui respectent à la lettre ses licenses, pour que son implémentation Java outrepasse les performances de celle de Microsoft. Chez Microsft, qui disposait de quinze jours pour faire connaître ses intentions, on a tout de suite émis un communiqué pour dire que l'injonction serait respectée et qu'il n'y aurait donc aucune rupture dans les livraisons et l'utilisation de ses produits.
Bien que l'injonction ne fasse pas son affaire, Paul Maritz, chez Microsoft, s'est dit satisfait que la Cour n'ordonne pas le retour des produits déjà vendu, ce qui aurait créé une très sérieuse pagaille. Et il a pris note que le juge n'entravait pas son fameux « droit à innover » puisqu'il n'ordonne pas le retrait des portions de code Java propres à Microsoft et exclusivement compatibles avec l'environnement Windows.
Reste que ce jugement préliminaire est une première victoire pour Sun dans une bataille juridique qui risque d'être longue. Et qu'elle risque d'être du plus mauvais effet à l'autre bout du pays, à Washington, ou se déroule le grand procès du gouvernement américain contre Microsoft.
Voir la dépêche de l'AFP.
Plus de détails dans le communiqué de Sun.
Texte intégral du jugement préliminaire.
Voir le communiqué émis par Microsoft.