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Opinion: ne pas diaboliser Bill Gates

Canoë 
30/10/1998 16h46 

Le procès Microsoft continue à Washington, et le débat francophone initié par la publication d'un livre, Le hold-up planétaire, continue d'agiter le petit microcosme du journalisme techno.

Le journaliste français Daniel Ichbiah, auteur d'une biographie de Bill Gates publiée en 1995 et réactualisée au printemps dernier, a tenu ce matin à préciser l'enseigne à laquelle il loge en publiant un texte original dans Multimédium et en autorisant la publication dans PageFrance de deux chapitres (inédits sur le Web) de sa « saga Microsoft ».

On se souvient que M. Ichbiah a vigoureusement participé, voici deux semaines, au débat en ligne commentant la sortie du livre de Roberto Di Cosmo et Dominique Nora. Il y avait eu maille à partir avec plusieurs universitaires, ingénieurs et autres acteurs du monde informatique. A tel point que, ne voulant plus passer pour un hagyographe complaisant du président de Microsoft, il a souhaité rendre sa position plus explicite.

Dans sa chronique, Daniel Ichbiah rappelle le mécanisme boursier et le modèle économique participatif qui ont contribué au succès financier de Microsoft. Il développe aussi la lutte qu'a dû mener Bill Gates pour asseoir son système d'exploitation Windows auquel les grands éditeurs de logiciels de l'époque ne croyaient pas: « Gates croyait en Windows et a vainement tenté de persuader les autres éditeurs de développer pour Windows. Comme il ne l'ont pas fait, il a lui-même occupé le terrain.  »

Le commencement des abus de position dominante, au début des années 90, aurait « démarré par une procédure qu'emploient la plupart des entreprises : faire des prix de gros et des conditions avantageuses aux acheteurs en volume. C'est progressivement qu'un tel système a déraillé », estime le journaliste français. « Ce que je veux dire ici, c'est que Microsoft a dû sa réussite initiale à ses efforts, à sa ténacité et aux talents de ses équipes. Et que, quelque part, en route, la tentation a été forte de consolider les avantages acquis par des contrats barrant la route à la concurrence. »

En conclusion, Daniel Ichbiah considère souhaitable que le ministère américain de la Justice bride Microsoft afin de rééquilibrer le marché. Il croit cependant qu'il serait vain de diaboliser Bill Gates, et « plus salutaire de s'inspirer de ce qui a fait son succès et de [le] reproduire ailleurs, en Europe comme au Canada. Car de nombreux secteurs vont exploser au nouveau millénaire et d'autres Gates apparaîtront s'ils savent tirer parti de ce qui, dans l'itinéraire du fondateur de Microsoft, a valeur d'exemple. »

Plus de détails dans notre section "Dossiers".
Voir également les chapitres 20...
... et 23 de la « saga... » sur PageFrance.
D'autres points de vue dans le "Forum Planétaire".








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