Six mois après sa création, l'AFUL vient de marquer un point en France en signant un accord-cadre avec le ministère de l'Éducation qui ouvre la voie au déploiement de l'informatique libre dans le système éducatif français.
L'Association francophone des utilisateurs de Linux et des logiciels libres (AFUL) indique que cet accord concrétise l'intérêt porté depuis plusieurs mois par le ministère de l'Éducation nationale, de la Recherche et de la Technologie (MENRT) aux logiciels libres, ainsi qu'une reconnaissance du rôle que ceux-ci ont à jouer dans le maintien de la diversité et de l'indépendance des enseignements.
Prenant acte de la convergence de leurs objectifs propres, les deux parties ont signé mercredi un accord-cadre d'une durée initiale de deux ans dont les aspects essentiels sont les suivants:
L'AFUL apportera son soutien pédagogique et technique à des projets de mise en réseau de lycées, collèges et écoles réalisés sur des plateformes et des logiciels libres, que les postes de travail soit installés sous Linux exclusivement ou en multi-amorçage, parallèlement à d'autres systèmes d'exploitation.
L'AFUL contribuera à la formation des personnels de l'Education Nationale à Linux, Apache ainsi qu'aux autres logiciels bureautiques ou multimédias installés sur les stations Linux.
Elle effectuera le recensement des logiciels libres ou commerciaux pertinents pour l'enseignement et la recherche, et disponibles pour Linux.
Elle conduira une réflexion sur les moyens d'assurer au meilleurs coûts la diffusion de versions standardisées de ces logiciels.
Un comité de pilotage bipartite assurera la gestion et le suivi du partenariat en se réunissant au moins 2 fois par an.
Cet entente s'inscrit dans le contexte d'accords-cadres établis au début de l'année entre le ministère de l'Éducation et des entreprises informatiques commerciales comme Microsoft, Apple ou Lotus. Les logiciels libres disposant de nombreux appuis dans les milieux scientifique et universitaire, le MENRT n'avait pas hésité à parrainer la conférence-débat sur les enjeux économiques des logiciels libres organisée lors de la Fête de l'Internet 1998, symbole d'un début de résistance à la percée effectuée au début de l'année par Microsoft.
Pour qu'une implantation réelle et structurée soit possible, cependant, il fallait qu'émerge un interlocuteur sérieux à même de co-piloter et de garantir la viabilité du projet. C'est ainsi que l'AFUL est née en mai dernier et que la mise en chantier de l'accord-cadre annoncé cette semaine avait pu démarrer, comme le rapportait début juin le micro-bulletin du CNRS, LMB Actu.
Cette démarche ne signifie pas une « libertarisation » du développement de l'informatique dans les écoles françaises, puisque les différentes entreprises commerciales continueront de lui apporter également leur soutien. Mais il indique clairement que le système est à l'abri de la « pensée informatique unique » et que la raison commerciale devra raison garder -- n'en déplaise au directeur général de Microsoft France.
Sachant qu'un éminent partisan québécois de Linux fait partie de l'AFUL en la personne du professeur Jean-Claude Guédon, on doit maintenant se demander si ce phénomène s'étendra au Québec ainsi qu'au reste de la francophonie. Affaire à suivre...
Voir le communiqué de l'AFUL.
Plus de détails dans le texte de l'accord-cadre.