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Minuit moins une pour la pub Internet

Canoë 
28/10/1998 16h46 

Un atelier-débat sur la publicité Internet a été marqué aujourd'hui par la publication de deux études et un vigoureux appel lancé aux forces économiques du Québec.

Ce déjeuner était organisé par le Forum des inforoutes et du multimédia (FIM) et le Publicité Club de Montréal (PCM), dans le cadre du Mondial de la publicité francophone. Il a servi de tremplin à la publication de deux nouvelles études sur les rapports entre Internet et publicité au Québec.

La première, commandée par le FIM et réalisé par SOM auprès de 100 agences de publicité et 150 annonceurs, trace le portrait actuel des perceptions de l'industrie publicitaire à l'égard de ce média émergent et encore (trop) peu connu qu'est Internet.

La seconde, commandée par le PCM et réalisée par Impact Recherche auprès d'un échantillon probabiliste de 600 internautes québécois joints par téléphone, tente de cerner le transfert d'utilisation des médias traditionnels chez les internautes et leur opinion face à la présence de publicité sur Internet.

Mais l'événement le plus remarquable de ce déjeuner aura été sans conteste le discours de Patrick Pierra, président d'Invention Media, qui préside aussi depuis quelques jours le comité exécutif provisoire du nouveau Bureau de la publicité sur Internet au Québec. Car il n'a pas mâché ses mots pour exprimer le défi auquel les forces économiques du Québec font face, qu'elles se sentent concernées ou non par le développement d'Internet.

« Les annonceurs québécois qui croient pouvoir se passer d'Internet, a martelé M. Pierra, ce sont des annonceurs sur lesquels je ne parierais pas. Parce que quelque part dans le monde, il y une entreprise qui va se servir d'Internet et qui va venir leur manger la laine sur le dos. »

C'est que, dans ce domaine, le Québec est en retard par rapport aux États-Unis et au reste du Canada, bien sûr, mais aussi par rapport à la France. Selon Patrick Pierra, le marché publicitaire sur Internet serait aujourd'hui trois fois plus développé en France qu'au Québec, pour un nombre d'internautes à peu près similaire. Il faut que ça change, dit-il: « Ce n'est pas seulement dans l'intérêt de ceux qui vendent de la publicité sur Internet – les éditeurs et les maisons de représentation. C'est aussi dans l'intérêt de toute l'industrie publicitaire québecoise, les agences comme les annonceurs. »

Le président du BPIQ pointe d'ailleurs du doigt les « grandes agences de publicité et de placement média au Québec qui n'ont jamais acheté de publicité sur Internet. Ces agences ne prennent pas seulement du retard elles-mêmes. Elles en font prendre à leurs clients et à toute l'industrie. »

D'ailleurs, c'est l'ensemble des entreprises, et pas seulement le milieu publicitaire, qui est concerné. Pourquoi? Mais parce qu'« Internet vient donner une réalité tout à fait concrète à ce concept de globalisation dont on parle depuis des années. Les livres, les disques, de plus en plus, on les achète sur des sites américains, voire sur des sites français. Aucun marché n'est aujourd'hui à l'abri », pas plus les marchés grand public que les marchés verticaux.

Ecoutez les principaux extraits de ce discours en RealAudio.
Plus de détails sur les deux nouvelles études FIM-PCM.








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