Mise à mal par l'épidémie de la « vache folle », l'Angleterre s'est dotée aujourd'hui d'un système de pointe pour consigner les mouvements de chaque bovin du royaume, de sa naissance jusqu'à sa mort.
Le Cattle Tracing System (CTS) est géré par le British Cattle Movement Service (BCMS), un organisme public établi à Workington, dans le nord du pays, et employant plus de 250 personnes. Sa base de données centrale contiendra toutes les informations relatives à chaque veau, vache, boeuf et taureau du pays: date de naissance, d'importation, de décès, mouvements, reventes, etc.
Elle donnera des garanties aux acheteurs sur le passé de l'animal et permettra aux autorités sanitaires de suivre les circonstances entourant toute nouvelle épidémie. Il s'agit en fait du dernier maillon d'un système d'identification du cheptel qui en comporte quatre:
- Le marquage - Depuis le 1er janvier 1998, chaque bête doit être identifiée par une plaque normalisée fixée dans chaque oreille.
- Les registres - Les fermiers doivent consigner dans un registre informatique ou manuscrit toutes les informations pertinentes concernant leurs animaux.
- Les passeports - Depuis 1996, chaque bovin anglais fait l'objet d'un « passeport » qui le suit toute sa vie et contient une série de coupons de déclaration pré-adressés. Les coupons des nouveaux passeports fabriqués par la multinationale Check Technology sont munis d'un code-barre afin d'en automatiser le traitement.
- Grâce aux coupons, le CTS consigne tous les mouvements des animaux.
Prévoyant de traiter des demandes de passeports et des déclarations de mouvements relatives à quelques 20 millions de bovins par an, le BCMS a recours à la fine pointe de la technologie. Aux équipements de lecture de codes-barres s'ajoute la reconnaissance optique de caractères, puisque même l'écriture humaine des fermiers sera saisie par ordinateur.
Lors de la naissance, de l'achat, de la vente ou du décès d'un animal, les éleveurs non reliés à Internet enverront en effet leurs documents pré-adressés par la poste, tandis que ceux qui le sont, de même que les abattoirs, accompliront ces formalités par courrier électronique.
Cette infrastructure para-agricole fondée sur les technologies informatiques aura mis près de deux ans à se mettre en place. Commandée en juillet 1996, l'étude de faisabilité a été remise au gouvernement en décembre de la même année. Fondé en juillet 1997, le BCMS a ensuite pris le temps de se mettre en place et, surtout, de préparer les 132 000 éleveurs anglais à cette révolution administrative.
Le gouvernement britannique a déboursé jusqu'ici 35 millions de livres (soit 60 millions de dollars US) et il en versera encore autant pour financer le système jusqu'en 1999. Ensuite, le BCMS devrait être transformé en entreprise privée ou en agence parapublique financée par les éleveurs eux-mêmes au moyen d'une taxe sur les « passeports » bovins.
Voir la dépêche de l'AFP.
Plus de détails dans le communiqué.