Le secrétaire général de l'OCDE et le ministre canadien de l'Industrie ont dressé ce matin le menu de la Conférence d'Ottawa sur le cybercommerce qui aura lieu du 7 au 9 octobre prochain.
M. Donald Johnston s'est exprimé devant la presse à Paris, tandis que M. John Manley intervenait en direct d'Ottawa par liaison vidéo-satellite. L'événement visait notamment à présenter les documents servant de base de discussion à la conférence d'Ottawa, disponibles sur le site de l'OCDE depuis vendredi dernier, dont une nouvelle étude sur les impacts économiques et sociaux du commerce électronique.
Cette étude fait un vaste point sur les modifications profondes du tissu économico-social mondial induites par l'avènement du cybercommerce et jette notamment quelques jalons en ce qui concerne les interventions gouvernementales souhaitables en ce domaine:
Les politiques publiques en matière de technologie devraient accorder plus d'attention aux biens et services de consommation et aux objectifs des systèmes mis en place.
Le cybercommerce engendrera des pressions afin que soient réduites les différences [nationales] de normes régulatoires pour les nouveaux produits du marché.
Les autorités réglementant la concurrence devront faire face à de nouvelles pratiques anti-concurrentielles.
Les politiques actuelles concernant les transactions commerciales devraient êtres examinées selon leur degré d'applicabilité au commerce électronique.
Une culture entrepreneuriale promouvant la coopération technologique (cross-fertilisation), la prise de risque et les collaborations internationales (boundary crossing) devrait être encouragée.
Les expériences passées suggèrent que les gouvernments ne devraient pas faire preuve d'interventionnisme excessif, ni se contenter d'être de simples spectateurs.
C'est là la quadrature du cercle que le ministre canadien de l'Industrie, M. John Manley, espère arriver à résoudre à Ottawa: « Nous voulons explorer les possibilités de consensus entre ceux selon qui les gouvernements nationaux doivent légiférer et réglementer de près le commerce électronique, d'une part, et, d'autre part, ceux pour qui Internet est essentiellement ingouvernable et les forces du marché doivent prévaloir. »
M. Manley estime qu'un compromis existe entre ces deux positions. Selon lui, la participation des milieux d'affaires, des ONG et des organismes internationaux à la conférence d'Ottawa crée des conditions favorables à l'édification d'un vaste consensus.