Depuis 1995, la formation aux métiers du multimédia du Centre médico-universitaire Daniel Douady (CMUDD) est dispensée chaque année à une dizaine de stagiaires handicapés. La prochaine session débute le 3 novembre.
Les capacités d'adaptation des ordinateurs représente pour ces jeunes atteints de handicaps divers une voie possible vers l'intégration dans un milieu de travail « normal ». Point n'est besoin, en effet, d'être un athlète pour agir sur la matière numérique dans un processus de création, pour participer au développement des mondes virtuels, bref, pour s'inscrire pleinement dans la cyberculture dans laquelle nous baignons de plus en plus.
Situé à plus de 1000 m d’altitude, le CMUDD dispose de trois services de soins médicaux très spécialisés et dotés d'installations performantes. Ses infrastructures sont bien entendu aménagées pour faciliter la vie de sa clientèle qui peut y résider ou encore venir en autobus chaque jour de Grenoble, à une demi-heure d'autobus.
Le programme comporte un tronc commun de 12 semaines (240 heures) puis trois modules de spécialisation au choix, pouvant être combinés: édition numérique, production multimédia et développement multimédia. Le coût par personne du tronc commun est de 12 000 francs (près de 3 000 dollars canadiens), auxquels il faut ajouter 5 000 francs par module de spécialisation. Des sources de financement peuvent être proposées par la Fondation Santé des Etudiants de France (FSEF) qui gère le CMUDD.
« C'est une excellente initiative, commente pour nous Sophie Latulippe, une montréalaise de 29 ans atteinte de paralysie cérébrale qui s'intéresse de près, et activement, aux rapports entre les nouvelles technologies et les handicapés. De plus en plus de personnes handicapées devraient être formées dans ce domaine car les outils utilisés sont très flexibles et peuvent donc être adaptés à tous les types de handicaps. Le Québec devrait emboîter le pas. Il faut sensibiliser les employeurs! »
Les métiers du multimédia sont potentiellement accessibles, en effet, à toutes les personnes handicapées qui choisissent d'en faire leur métier. D'ailleurs, les nombreux partenaires privés de cette formation (Hewlett Packard, Schneider Electrique, CNRS...) se montrent très satisfaits par la prestation des étudiants, soulignant de réelles compétences et des qualités professionnelles adaptées au marché.
Pour eux, « le handicap ne fait pas de différence ». A bon entendeur... bonne fin de semaine! ;-D