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On s'arrache les politiciens sur le Net!

Canoë 
21/09/1998 16h45 

Pauvres politiciens! C'est qu'ils ne valent pas cher dans le cybermonde, comme le révèlent l'« affaire Lewinski », le récent piratage d'un parti suédois et, de manière plus subtile, ce « cyber-Monopoly-tique » lancé par deux journaux allemands.

Point de caricatures comme dans les journaux, mais des happenings, piratages et concepts virtuels qui en disent long. Nous ne nous étendrons pas ici sur le cas Monica Lewinsky et le supplice clintonien, qui n'a rien de virtuel. Les médias du monde entier le font déjà pour vous en long, en large et même debout dans le couloir...

Une semaine après la prise du New York Times, des hackers suédois se sont amusés à ridiculiser le principal parti d'opposition, celui des Modérés, quelques heures à peine avant la tenue des élections nationales. Le portrait de leur leader, Carl Bildt, sur la page d'accueil, a été enrichi d'un lien impayable vers le site de l'ex-parti communiste. Les plaisantins lui ont également fait promettre un face à face médiatique sur les questions européennes avec un célèbre pornographe suédois, liant bien évidemment ce propos à la page d'accueil de celui-ci.

La bourse électorale

En Allemagne, le quotidien berlinois Tagesspiegel et le célèbre hebdomadaire Die Zeit ont ravalé leurs partis nationaux au rang de simples valeurs marchandes que l'on achète et que l'on vend, au fil de la campagnée électorale et des sondages, dans une véritable bourse virtuelle baptisée Wahl$treet'98 – ce qui signifie, en allemand, « rue des Élections »!

Le principe est fort simple. Chaque internaute participant peut acheter un maximum de 10 portefeuilles de base, à un mark chaque, qui contiennent tous une action de chaque parti en lice. Ensuite, ils peuvent vendre et acheter, selon le cours du marché et en « W$ », les actions des partis qui, selon eux, ont le plus de chance de l'emporter. Le jour du vote, on arrête tout et on liquide les portefeuilles.

Les éditeurs du site sont très sérieux et se basent sur des précédents scientifiques. En 1988, 192 étudiants et enseignants de l'Université de l'Iowa ont joué à ce petit jeu sur le campus pendant six mois, obtenant un « résultat » final meilleur que les sondeurs classiques. Et en 1994, cette même université a servi de guide pour une expérience similaire dans une université autrichienne à propos du référendum sur l'Europe. Il s'agit toutefois d'une grande première sur Internet.

« La principale différence entre le marché et les sondages, c'est que les gens ne transigent pas en fonction de leur préférence. Ils se fient à leur perception de qui a le plus de chance de l'emporter, et par quelle marge », expliquent les concepteurs du site.

Christian Aubry
   avec Florian Schedler

Voir la nouvelle suédoise de CNet.
Et la dépêche allemande de l'AFP.
Plus de détails théoriques sur la bourse politique.
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