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Internet, ce médium social aux impacts associaux.

Canoë 
31/08/1998 16h45 

Les premiers résultats d'une étude psychosociologique américaine sur les impacts émotionnels d'Internet pourraient avoir des retombées importantes dans la conception des technologies de communication virtuelle.

Jusqu'ici, on avait facilement mis en lumière la pathologie des « accrocs du Net », ces internautes à bulles qui passent en ligne un nombre d'heures hebdomadaires se chiffrant par dizaines (dont votre serviteur, qui va très bien, merci:-). Des thérapies sont nées, et même un cours, récemment, pour aider les étudiants en informatique à considérer la technologie de façon objective et à prendre du recul. Mais les chercheurs se disent surpris d'apprendre que quelques heures de communication virtuelle par semaine peuvent également donner les bleus à des gens apparemment normaux.

L'équipe du Dr Robert Kraut, professeur de psychologie sociale et d'interaction homme-machine à la Carnegie Mellon University (CMU), a suivi pendant deux ans 169 Américains moyens de la région de Pittsburgh, en Pennsylvanie, utilisant régulièrement Internet. Loin de favoriser les échanges interpersonnels, les discussions en ligne et le courrier électronique auraient eu pour résultat l'appauvrissement de leurs rapports humains.

Baptisée HomeNet, cette étude au budget de 1,5 millions de dollars US a été financée par la National Science Foundation (NSF), la Markle Foundation, la société américaine des Postes (USPS) et une douzaine d'entreprises du secteur des NTIC, dont AT&T Research, Bell Atlantic, Apple, Hewlett-Packard et Intel. Elle sera publiée cette semaine dans American Psychologist.

Le rapport note que les internautes ont tendance à remplacer des liens sociaux forts par des liens virtuels faibles qu'ils peuvent rompre quand bon leur semble. Ils ont tendance à moins discuter avec leurs proches au profit de conversations à champ étroit tenues en ligne avec des étrangers. On peut même prédire les changements d'état émotionnel d'une personne en fonction de sa dose d'Internet hebdomadaire, alors que l'inverse n'est pas vrai – une déprîme « classique » pouvant sans doute induire bien d'autres dérives.

« Nous sommes très surpris de découvrir que ce qui est une technologie sociale a tant de conséquences anti-sociales, » s'alarme le Pr Kraut. Et il ajoute: « Nos conclusions orientent clairement les recherches à venir sur l'usage personnel d'Internet. Quand nous comprendrons les raisons de ce déclin de l'implication sociale, cela aura des implications pour les politiques sociales et pour la conception de la technologie Internet. »

Voir la dépêche de l'AFP.
Plus de détails dans le communiqué de la CMU.
Voir également TechWeb.
Sans oublier de s'oublier dans nos archives ;-D
   







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