Sun admet avoir que Java a perdu sa guerre contre Microsoft. Renonçant à voir un jour le langage de programmation favori du Web prendre le contrôle des stations de travail, l'entreprise californienne se tourne vers les lieux non encore investis par le couple « Wintel ». Et ceux-ci ne manquent pas.
« Wintel a gagné et il n'y a pas de compétition, a lancé cette semaine James Gosling, vice-président de Sun Microsystems à la conférence Software Development '98 (SD'98) qui se déroule à Washington. Le monopoliste (sic) a gagné. Là où l'on retrouve plus de Java, c'est dans les applications lourdes [back office applications, NDLR] que les gens utilisent pour faire marcher leurs entreprises. »
Selon lui, le futur de Java réside dans des développements nettement plus complexes que les appliquettes dédiées au World Wide Web. Des applications roulant sous toutes les plateformes logicielles et sur les macro-ordinateurs que l'on retrouve dans les centres d'expédition, les centrales téléphoniques, les banques, à la bourse, voire dans les téléscopes géants comme le téléscope Hubble.
Java devrait continuer à prendre de l'expansion dans le secteur d'Internet, cependant, mais il aurait plus d'avenir dans les appareils comme les téléphones ou les périphériques de télévision, qui offriront un accès au réseau plus naturel pour l'utilisateur, que dans les ordinateurs classiques: « On ne devrait pas avoir besoin d'un PC pour exploiter le Net, affirme encore Gosling. C'est un lourd processus que de consulter une prévision météo sur un PC; cela ne convient pas très bien à nos modes de vie. On devrait pouvoir sauter du lit et tout simplement appuyer sur un bouton. »
La conférence SD'98 traduit un intérêt croissant des développeurs pour Java, qui y prend de plus en plus de place. D'après ABCNews, une étude d'IDC indique que les entreprises américaines auront besoin de 750 000 programmeurs Java en l'an 2000 pour faire face à leurs besoins. Les étudiants en informatique comprendront le message...