Les hackers, ces groupuscules de « pirates » informatiques qui attaquent régulièrement les sites de l'armée américaine ou du Pentagone, pourraient bien changer de ton et s'engager dans des actions plus politiques.
Un groupe clandestin international menace ainsi de dénoncer et, éventuellement, d'attaquer les systèmes informatiques d'entreprises occidentales faisant affaire avec la Chine sans se préoccuper de la situation des droits de l'homme dans ce pays. Il se dit ouvert à toute personne désireuse d'apporter sa contribution à la cause.
Wired News annonçait ce matin la publication d'une entrevue entre deux personnages mystérieux: OXblood Ruffin, « ministre des affaires étrangères » du groupe de hackers Cult of the Dead Cow, et un certain Blondie Wong, chef d'un autre groupe connu sous le nom de « Hong Kong Blondes ». Ce dernier se serait attaqué l'an dernier à un satellite chinois afin de mettre en garde les autorités contre tout durcissement politique dans la colonie fraîchement restituée de Hong Kong. Cette affirmation n'a cependant jamais été confirmée de source officielle.
Blondie Wong explique qu'il a mis sur pied récemment un nouveau groupe clandestin baptisé Yellow Pages avec mission de dénoncer les entreprises travaillant avec la Chine sans se poser de questions sur la question des droits humains. Des infomaticiens américains, canadiens et européens seraient impliqués dans le groupe, de même qu'un certain nombre de techniciens travaillant pour le gouvernement chinois. L'activiste affirme que son groupe est surveillé par les forces de sécurité chinoises et il aurait fait appel à une organisation peu recommandable (criminelle, même, si on lit bien entre les lignes) pour sortir l'une de ses militantes de Chine et assurer sa propre sécurité.
Blondie Wong, un torontois originaire de Chine, donne pas mal de détails sur sa vie: son père aurait été lapidé sous ses yeux au temps de la Révolution culturelle; il aurait terminé ses études en Grande-Bretagne à l'époque du massacre de Tianan Men avant de vivre quelques temps à Montréal (qu'il n'a pas aimée) puis de s'installer à Toronto.
Il dénonce les lobbys qui, à Washington, défendent la ligne de non-ingérence avec, à leur tête, l'ancien secrétaire d'État Henry Kissinger. Il accable également Bill Gates pour avoir affirmé publiquement en 1996, dit-il, que la question chinoise ne devait pas être discutée à la réunion annuelle de la Commission des droits humains des Nations-Unies.
Les jeunes pirates, conclut-il, « sont très différents de la génération précédente. Ils cherchent la reconnaissance et l'attention mais ils veulent aussi contribuer à changer les choses d'une façon positive. » Aussi peu vérifiable que soit cette déclaration, elle rejoint d'une certaine manière la récente mise en garde du directeur de la CIA à propos du cyber-terrorisme...
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Voir aussi la retranscription de l'entrevue.