Treize entreprises informatiques américaines mettent de l'avant une solution de cryptage des données électroniques qui permettra peut-être de réconcilier les exigences des services de sécurité gouvernementaux et celles du secteur privé.
Les meilleures technologies actuelles de cryptage s'appuient sur un algorythme secret permettant le déchiffrage des messages codés. Les services de sécurité du gouvernement américain veulent conserver un droit de regard sur le trafic électronique afin, disent-il, d'être en mesure de déchiffrer des message émis par des organisations criminelles, des groupes terroristes ou des gouvernements hostiles.
La solution avancée jusqu'ici consistait à ouvrir une « porte secrète » dans les technologies cryptographiques dont seuls les services de sécurité auraient la clé. Mais le secteur privé rejette cette solution puisqu'elle ne garantit pas la confidentialité totale (un pirate pourrait découvrir la clé gouvernementale et l'utiliser illégalement) et qu'elle freine la capacité d'exportation américaine en ce domaine (quel pays achèterait un système de cryptage dont le gouvernement américain aurait la clé?).
Un groupe d'intérêt composé de 13 entreprises majeures du secteur de la réseautique (Ascend, Bay Networks, Cisco, 3Com, Hewlett-Packard, Intel, Microsoft, Netscape, Network Associates, Novell, RedCreek, Secure Computing et Sun Microsystems) a proposé aujourd'hui une alternative pour assurer la confidentialité des échanges pendant leur transport sur le réseau tout en offrant la possibilité de les intercepter au point d'émission et au point d'arrivée. D'où l'analogie employée pour la décrire: celle de la sonnette (doorbell).
Cette faculté de contrôle serait remise aux opérateurs de réseau. Elle permettrait la surveillance privée (une entreprise voulant garder un oeil sur les échanges codés de ses propres employés, par exemple) ainsi que la surveillance publique (un corps policier pourrait, sur mandat judiciaire, inspecter des flots spécifiques de données en s'adressant à l'opérateur concerné).
Le groupe d'intérêt précité travaille sur ce dossier depuis le mois d'octobre dernier. Sa proposition d'aujourd'hui est un premier pas en vue d'une solution et elle aurait été accueillie favorablement par les autorités fédérales, selon le Wall Street Journal.