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Le comité d'adresse électronique gratuite se met en place.

Canoë 
10/07/1998 16h44 

Le projet pilote québécois d'adresse électronique concernera Baie-Comeau et deux quartiers populaires de Montréal, a-t-on appris lundi. Un groupe de travail mixte qui s'est réuni pour la première fois mercredi aura la tâche d'en définir le cahier des charges dès que possible.

La ministre québécoise responsable de l'inforoute, Madame Louise Beaudoin, a fait connaître sa décision assez discrètement lundi, avec à peine trois jours de décalage par rapport au calendrier initial. Si discrètement que cette annonce nous avait échappée! Il faut dire que ce projet en est encore à un stade très préliminaire.

Mais on connait maintenant les deux régions choisies et les principaux partenaires privés appelés à y collaborer. Le projet pilote se déroulera donc à Baie-Comeau, sur la Côte-Nord, exemple-type de ce qu'on appelle au Québec une région éloignée, tandis que le volet urbain concernera les comtés d'Hochelaga-Maisonneuve et Ste-Marie/St-Jacques, deux quartiers populaires de l'est de Montréal.

Dans la métropole, les transporteurs seront Bell Canada et Vidéotron, tandis qu'à Baie Comeau, l'expertise de Québectel et Cogeco a été retenue. Télébec, qui dessert d'autres régions, participera également à l'élaboration du projet afin de ne pas rester à l'écart. Le CRIM et le RISQ apporteront également leur contribution à la réflexion.

Le comité mixte public/privé mis sur pied cette semaine par le gouvernement est présidé par M. Adélard Guillemette, sous-ministre adjoint aux communications et aux inforoutes. Outre les délégués des entreprises précitées, il comprend également un fonctionnaire du Conseil du trésor et un représentant du Regroupement des fournisseurs Internet québécois (RFIQ), un groupe informel formé il y a trois ans pour enrayer d'importantes hausses tarifaires décrétées à l'époque par Bell Canada.

M. Louis-Marius Gendreau, directeur général de ClicNet, a participé à ce titre à la réunion de mercredi: « Bien que le projet soit super-préliminaire, j'étais très content d'être invité, nous confiait-il cet après-midi. Les fournisseurs Internet indépendants doivent absolument garder l'oeil là-dessus mais je crois que les gens sont de bonne foi et qu'on a beaucoup d'expertise à leur apporter. »

Ce n'est effectivement pas demain matin que l'expérience sera réalisée, nous confirme M. Henri Dupond, chargé du projet au ministère de la Culture et des Communications. Pour l'instant, il s'agit d'en définir les paramètres, comme le degré de filtrage et de sécurité ainsi que les modalités techniques: « Les défis sont multiples, explique-t-il, nous voudrions permettre au citoyen, où qu'il soit, de garder la même adresse toute sa vie, comme un numéro de sécurité sociale ou un numéro d'étudiant. Surtout, il faut que le système soit transparent et souple si l'on veut que les gens s'en servent davantage. L'adresse électronique gratuite doit accessible sans nécessairement s'abonner à Internet ni posséder un ordinateur. »

Du côté filtrage, on pourrait s'inspirer de Excite UK qui a mis en place un service de messagerie gratuite pour dix millions d'étudiants avec un filtre arrêtant touy message si son expéditeur ne figure pas au carnet d'adresse du destinataire. Pour l'interface, le ministère privilégie évidemment la messagerie HTML, accessible de n'importe sans configuration où par Internet, mais la question reste sur la table et rien n'est à l'heure actuelle décidé.

En tout les cas, l'expérience est belle et bien sur les rails. « Si l'on joue bien nos cartes, conclut M. Dupond, peut-être qu'un 10 ou 15 % supplémentaire de la population pourrait se servir du courrier électronique sur base régulière. » Un objectif certes modeste, mais qui a le mérite de ne pas mettre la barre trop haut.

Voir le communiqué.
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