C'est le 12 juin dernier que Compaq a fini par avaler Digital, une déglutition qui aura pris de longs mois. Et après l'euphorie, voici la gueule de bois: la combinaison des deux entreprises aura pour conséquence l'abolition de 17 000 emplois de par le monde.
Compaq Canada, qui a connu sa plus belle année en 1997 depuis 13 ans d'après son actuel président, mettra à pied d'ici la fin de l'année quelque 800 employés de son usine de Kanata, près d'Ottawa. L'unité de production sera transformée en centre de configuration pour le marché canadien afin de personnaliser des systèmes haut de gamme (voir nouvelle précédente).
Cela reste un moindre mal puisqu'au moins trois usines fermeront purement et simplement, à Taïwan, en Écosse et au Brésil, de même que plusieurs centres de distribution. Ailleurs, on jouera à la chaise musicale. Aucune région du monde ne sera épargnée par cette restructuration qui abolira à terme près de 20 % des emplois offerts jusqu'ici par Compaq, Tandem et Digital.
Les consommateurs sortiront sans doute gagnants de l'affaire mais il reste que le upsizing de Compaq emprunte la recette éprouvée du downsizing: « Nous nous sommes engagés à devenir le fabricant d'ordinateurs aux coûts les plus bas tout au long de la chaîne de production », affirmait hier le directeur général de la fabrication. On aura compris qu'il ne faisait pas allusion aux coûts sociaux mais bien au coûts de production...