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Logiciels libres, mode d'emploi.

Canoë 
30/06/1998 16h44 

Les logiciels libres, on en parle beaucoup depuis quelque temps mais on ne les voit guère. Hors le pré carré des universitaires et des informaticiens du Web, la plupart des décideurs du secteur privé appréhendent souvent de se lancer dans cette aventure, faute d'information et d'outils adéquats pour bien en cerner les enjeux.

C'est un tel outil que nous propose aujourd'hui, dans la section "Dossiers" de Multimédium, Jean-Paul Smets-Solanes, docteur en sciences informatiques et consultant à l'École des Mines de Paris. Intitulé L'économie du logiciel libre, son long article explique ce qui motive les créateurs de logiciels libres et explore en détail les trois options s'offrant aux gestionnaires aux prises avec un besoin informatique nouveau:

  1. acheter un logiciel commercial et payer des ingénieurs pour l’adapter à ses besoins ;
  2. télécharger un logiciel libre et payer des ingénieurs pour l’adapter à ses besoins ;
  3. payer des ingénieurs pour développer un nouveau logiciel (libre ou non).
Contrairement à une idée répandue, les logiciels libres sont souvent plus robustes et plus puissants que leurs homologues commerciaux. Ils bénéficient en effet de la réactivité de leurs utilisateurs passifs qui en détectent les bogues à l'avance et du travail de leurs communautés d'utilisateurs actifs, qui partagent les coûts d'amélioration.

Pour autant, le logiciel libre ne constitue pas la panacée universelle. Il a, lui aussi, ses limites qu'il importe de pouvoir quantifier. Et c'est ce que nous propose Jean-Paul Smets-Solanes dans son modèle de décision interactif (en JavaScript) où l'on peut entrer les paramètres chiffrés d'un problème pour évaluer les coûts des différentes solutions.

L'auteur exprime aussi le souhait d'une intervention de l'État (français, en l'occurence) afin de contribuer « à l'émergence d'une informatique moins propriétaire (...) et d'améliorer les conditions de concurrence entre logiciels, qu'ils soient libres ou commerciaux. » Il propose également que l'État fasse « appel à un bureau d'évaluation des logiciels pour les commandes publiques afin de bénéficier de tarifs réellement préférentiels de la part des éditeurs » et favorise « le développement de logiciels libres pour que les éditeurs en position dominante sur un marché ne se sentent pas seuls. »

Nous remercions Jean-Paul Smets-Solane d'avoir accepté d'offrir à nos lecteurs cette adaptation simple et fort instructive du modèle économique plus scientifique que l'on trouvera sur son propre site. Encore une fois, il ne s'agit pas de dénigrer la qualité et l'efficacité des logiciels dits « commerciaux », y compris ceux de Microsoft, mais d'offrir aux décideurs le choix entre toutes les alternatives en présence, ce que les éditeurs commerciaux ne font évidemment pas.

Précisons que Multimédium est hébergé sur un serveur équipé d'un logiciel libre (Apache) et que nos nouvelles sont stockées dans une base de données libre (MySQL). Cela ne nous empêche pas, cependant, de travailler quotidiennement sur un réseau Windows NT et d'utiliser de nombreuses applications commerciales ou partagicielles. Nous ne pratiquons donc aucune religion particulière à ce chapitre.

Christian Aubry

Tous les détails dans le dossier de Jean-Paul Smets-Solane.
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