Le projet pilote régional destiné à évaluer la pertinence d'offrir une adresse électronique gratuite à tous les québécois avance à grand pas mais ne devrait pas être connu avant le mois de juillet, selon des informations recueillies ce matin au ministère de la Culture.
Cette expérience, annoncée à la page 17 (chapitre 1) de la politique québécoise de l'autoroute de l'information, a fait l'objet de rumeurs persistantes, ces dernières semaines, selon lesquelles elle aurait lieu soit dans la région de Rimouski, soit dans celle de Chicoutimi.
Selon Daniel Cloutier, responsable de la direction des médias et des télécommunications au MCC, ces deux régions ne sont pas celles qui sont actuellement retenues mais « quatre localisations sont encore à l'étude. On évalue l'opportunité d'effectuer cette expérience dans deux localisations, l'une urbaine, l'autre en région éloignée. Cette dualité est intéressante tant du point de vue de la réaction des différentes populations concernées que du point de vue des défis technologiques à relever. »
L'étude ministérielle pourrait être complétée vers le 3 juillet, après quoi il reviendrait à Mme Louise Beaudoin de prendre ses décisions et d'en faire l'annonce au moment opportun. D'ici là, l'équipe du ministère devra finaliser les évaluations et les négociations avec les partenaires privés qui seront appelés à faire partie du large consortium qui réalisera ce projet. Nul doute qu'on y retrouvera les principaux acteurs du secteur des télécommunications au Québec.
Ira-t-on vers une solution de messagerie de type POP ou de type HTML, cette dernière offrant l'avantage certain d'être disponible en tout lieu sans avoir à reconfigurer l'ordinateur? C'est encore tôt pour le dire, mais la volonté d'offrir un accès universel au courrier électronique favorise la seconde solution. Pour que ce mode de communication entre vraiment dans les moeurs des citoyens ne disposant pas d'ordinateurs chez eux, cependant, il faudra multiplier les points d'accès communautaires et les bornes Internet publiques qui devraient, à terme, devenir aussi courantes que les cabines téléphoniques.
Ce projet pilote permettra d'évaluer à grande échelle les contraintes techniques et économiques rattachées à la généralisation du courrier électronique au Québec, ainsi que l'usage qui en sera fait par la population. Quelle sera la proportion d'utilisation réelle de cette technologie pour ceux qui n'y auront accès qu'à l'extérieur de chez eux? Réponse dans quelques mois...
Christian Aubry