France Télécom et Deutsche Telekom, les deux opérateurs majeurs de télécommunications d'Europe de l'Ouest, intensifient leur collaboration internationale en ouvrant une coentreprise en Suisse et en augmentant leur investissement dans Sprint PCS, troisième société de télécommunications longue distance aux Etats-Unis.
Les deux entreprises ont annoncé lundi la création de MultiLink, une filiale commune basée à Genève, régie par la loi suisse, et détenue dont elles détiennent chacune 50 % des actions. MultiLink offrira une gamme complète de services de télécommunications innovants à forte valeur ajoutée, d'après le communiqué, qui seront commercialisés à des prix très compétitifs à partir d’octobre 1998.
Dans un premier temps, la nouvelle structure mettra en place des réseaux urbains à Genève, Bâle et Zurich, puis elle créera des boucles locales supplémentaires à Lausanne, St. Gallen et Berne. MultiLink emploiera plus de 200 employés, des suisses pour la plupart.
Bizarrement, il semble que le nom de domaine Internet multilink.ch ne soit pas encore enregistré et, donc, disponible au premier venu.
D'autre part, les deux entreprises européennes vont accompagner la restructuration financière et l'entrée en Bourse de Sprint PCS en y injectant un montant global d’environ 100 millions de dollars US.
France Télécom et Deutsche Telekom détiennent actuellement 20 % des parts de cet opérateur américain de système de communications numériques personnelles (SCP), le restant étant jusqu'ici détenu par Sprint Corporation, TCI, Comcast et Cox Communications. Sprint, rachetant les parts des cablô-opérateurs, en prendra désormais le plein contrôle, et l'introduction ultérieure en bourse de sa filiale diluera l'avoir des actionnaires minoritaires européens. L'injection d'argent frais leur permettra de maintenir à la hauteur de 20 % leur participation dans le seul fournisseur de services SCP détenant des licences d'exploitation dans toutes les régions américaines.
Sprint, France Télécom et Deutsche Telekom sont partenaires dans Global One, une alliance qui représentait en 1996 un revenu annuel global de 80 milliards de dollars US et un capital d'environ 200 milliards.
Détails dans le communiqué de France Télécom.
Voir aussi, à ce sujet, le communiqué de Sprint.