Tout le monde rêve de faire un tour dans la Navette Spatiale mais rares sont encore les élus du Grand Voyage. Depuis hier, pourtant, une réplique de la navette bourrée d'ordinateurs sillonne les routes de l'Amérique, donnant aux écoliers de sixième année l'illusion de se trouver au coeur d'une « Mission de rêve ».
Construite l'an dernier à l'initiative de la Jackson Foundation, une association philantropique du Tenessee, la réplique du vaisseau measure 19 mètres de long, neuf mètres de haut et douze d'envergure. Baptisée « Dream Mission », elle renferme, dit-on, 100 fois plus de puissance informatique que la vraie navette. Son réseau de PC à haut débit distille assez de vidéo 3D et de son hyper-réaliste pour créer l'illusion quasi parfaite d'une véritable aventure spatiale. Ce programme d'éducation interactive a été soigneusement conçu afin de développer l'intérêt des élèves pour la science et les mathématiques.
Mais ce n'est pas le seul aspect didactique du projet. Les étudiants consignent leurs impressions dans un journal et communiquent par courrier électronique, ce qui développe leurs facultés et leurs techniques d'expression. Ils doivent aussi à travailler en équipe, comme dans la vraie vie. Et ils apprennent toutes sortes de choses, dans des domaines souvent marginaux à l'école: météorologie, turbopropulsion, réseautage, navigation, biophysique, nutrition, optique, communications, hydraulique, mécanique, imagerie, haute technologie, environnement...
Typique de l'imaginaire américain, le scénario de la mission a de quoi exciter les pires cancres – surtout les mordus de films catastrophes et de jeux vidéos. Les nations de la Terre conviennent d'observer un ensemble de règles strictes afin d'assurer la pérennité de l'environnement. Dans l'espace, un satellite surveille chaque pays afin de s'assurer que tous s'y conforment. Mais le satellite tombe en panne. Certains pays en profitent pour défricher leurs forêts humides ou se livrer à d'autres pratiques dommageables. Dream Mission est alors envoyée dans l'espace pour réparer le satellite et le replacer sur son orbite. La protection de l'environnement étant restaurée, son équipage revient sur Terre en héros. Et tant pis pour le kérosène!
Pour mener à bien ce projet ludo-techno-pédagogique, la Jackson Foundation a reçu le soutien technologique et financier de BellSouth, du Vanderbilt Space Consortium et de la NASA elle-même. C'est d'ailleurs la NASA qui a demandé à ce que la première sortie ait lieu à Washington, où l'on fêtait justement hier la Journée de l'Espace. Ce n'est pas le premier « camp spatial » de l'histoire, certes, mais c'est tout de même le premier parc spatio-récréatif ambulant d'Amérique.
Détails dans le communiqué de BellSouth.
Voir aussi la présentation de la Fondation.
Et, pour finir, l'article de CitySearch Nashville.