Le litige opposant Microsoft au Département américain de la justice (DOJ) a rebondi de nouveau à Washington aujourd'hui, alors que le géant du logiciel défendait sa cause devant la Cour d'Appel fédérale.
Les trois juges de la Cour d'Appel, manifestement bien documentés, ont posé de dures questions aux deux parties. Mais l'audition laisse ouvertes toutes les hypothèses. De fait, la dureté des juges à l'endroit des procureurs du gouvernement a laissé croire à certains observateurs que Microsoft pourrait s'en tirer avec les honneurs de la guerre. Par contre, même si l'injonction forçant Microsoft à publier deux versions de Windows 95, l'une avec fureteur et l'autre sans, était déclarée non avenue, cette éventualité pourrait ouvrir la voie à une poursuite plus large et plus générale du géant du logiciel en vertu du Sherman Act, la loi antimonopole américaine.
En somme, peu importe la décision que prendra la Cour d'Appel, il semble assuré que Microsoft continuera d'avoir maille à partir avec le gouvernement américain dans les mois à venir. Au point même où la sortie officielle de Windows 98 le 25 juin pourrait être retardée, sinon compromise.
Pendant ce temps, un mouvement anti-Microsoft qui dépasse largement les concurrents commerciaux de Microsoft s'organise aux États-Unis sous le nom de ProComp (Project to Promote Competition and Innovation in the Digital Age). Hier, le mouvement a reçu l'appui de l'ancien candidat à la présidence Bob Dole et de plusieurs entreprises de secteurs aussi divers que les entreprises de presse, les compagnies aériennes et les sociétés touristiques.