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Le nouveau site de RSF, en lutte contre le silence.

Canoë 
30/03/1998 16h40 

L'organisation Reporters Sans Frontières (RSF) mettait en ligne aujourd'hui son nouveau serveur Web.

Proposé en trois langues (français, anglais, espagnol), ce douloureux baromètre de la répression exercée contre les journalistes dénoncera en temps réel, et dans le monde entier, les pressions, la torture et les assassinats dont ils font encore trop souvent l'objet. Il s'articule autour de trois pôles:

La section "Actualité" fera chaque jour le point sur les dernières violations de la liberté de la presse. On y trouvera aussi chaque mois un reportage vidéo sur un cas particulier comme, ce mois-ci, celui du journaliste cubain Raúl Rivero.

La section "Censure" présentera des articles, des dessins et des photos qui ont été censurés ou qui ont valu à leurs auteurs d'être poursuivis ou emprisonnés. Ce mois-ci, on y présente une série de lettres envoyées du fin fond de sa prison par le journaliste camerounais Pius Njawé. Cette section accueillera désormais Dazibao, le webzine de RSF contre la censure.

Enfin, le pôle "Action" proposera aux internautes de soutenir, voire de prendre une part active à ce combat pour la liberté de parole, de témoignage et d'opinion.

Très "choc", la page d'accueil donne le ton. Les textes sont subordonnés à l'émotion brute des images, superbement tramées. La maquette élégante rappelle un peu celle de Libération, sauf que la lecture y est moins facile. La navigation l'est un peu plus pour peu que l'on dispose d'un navigateur récent supportant les cadres et les commandes JavaScript -- ce qui n'est peut-être pas toujours évident au fin fond du Kenya.

Mais qu'importe. RSF ne cherche pas à rejoindre sur le Web les oubliés de la pampa. Elle s'adresse ici aux « nantis » d'un cyberespace sans frontières et sans prisons.

Àu-delà de son destin ludique et commercial, il est bon de voir que le Web peut encore servir de plaque tournante aux luttes contre l'inacceptable. Puisse-t-il la conserver aussi longtemps, hélas, que nécessaire.

Voir les détails dans le communiqué.








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