Face à la montée du stress engendré par les nouvelles technologies de l'information, il faudra un jour répartir différemment le temps de travail au cours de notre vie, et peut-être y introduire la notion de « capital-temps ».
C'est ce que préconisent dans leur dernier livre, Le Syndrome de Chronos, Denis Ettighoffer, président d'Eurotechnopolis Institut, et Gérard Blanc, directeur d'études de cet organisme. Pour vérifier leur thèse, ils ont commandé à l'IFOP un sondage qui indique que plus d'un Français sur deux accomplit son travail dans des conditions stressantes. Et plus l'on avance en âge et en responsabilités, plus la pression s'accentue.
Le premier facteur cité comme cause principale de ce stress est la course après le temps. Près des deux tiers des personnes interrogées estiment que les nouvelles technologies les « obligent à aller plus vite » et plus de la moitié (54 %) estiment que leur travail est fragmenté, les obligeant à passer sans cesse d'une activité à une autre.
Parmi les remèdes proposés contre cette "crise de temps":
L'instauration d'un rapport annuel sur les causes du stress dans l'entreprise est approuvé par 85 % des sondés.
Puis viennent, par ordre décroissant:
La création d'un « compte épargne-temps » (70 %);
L'intéressement aux résultats de l'entreprise pour compenser la diminution de salaire due à la réduction du temps de travail (60 %);
Un allongement d'un cinquième de la vie active en échange d'une réduction proportionnelle du temps de travail annuel.
Le syndrome de Chronos propose une analyse transversale des questions touchant les nouvelles technologies, la gestion du temps et le travail contemporain. « La quantité de travail diminue et les revenus du capital augmentent, expliquent les auteurs en entrevue. On peut rééquilibrer la balance. Les outils (les lois sur l'intéressement et la participation) existent: il suffit de les renforcer, de les assouplir et d'élargir leurs champs d'action. Il faut que les salariés se fassent à l'idée de devenir des capitalistes. »