Même s'il n'est pas resté inactif, le gouvernement du Québec aura mis deux ans pour accoucher d'une politique officielle en matière d'inforoutes. Celle-ci pourrait être énoncée publiquement le 3 avril au plus tôt par la ministre de la Culture et des Communications, Mme Louise Beaudoin.
C'est l'information qu'a dévoilé hier matin M. Vincent Tanguay, chargé de mission Éducation et Langue au ministère, lors d'une table ronde organisée par le CRIM en préambule à la Fête de l'Internet. Il a précisé que le projet de loi avait franchi avec succès l'étape des comités ministériels et qu'il ne restait plus qu'à le soumettre au Conseil des ministres, sans doute la semaine prochaine ou le 2 avril prochain. On en déduit que l'annonce finale interviendra dans tous les cas de figure après le dépôt du budget.
En attendant, M. Tanguay a présenté les grandes lignes du projet de campus virtuel de l'avenir qu'il caresse avec amour depuis longtemps. Un tel système, rendant le télé-apprentissage collaboratif, humain et chaleureux, dit-il, devrait arriver à maturité vers la rentrée de septembre.
Puis il a expliqué que 99 % des établissements scolaires québécois disposeraient d'au moins une connection à Internet avant l'été prochain, mais qu'il faudrait attendre 2000 à 2002 pour que ces écoles soient réellement « branchées ». Entendez par là: pour que les enseignants et les élèves soient formés et que la technologie soit intégrée dans les modes d'apprentissage.
De son côté, M. Jean-Pierre Gagnon, qui coordonne la réalisation du site du gouvernement du Québec(1), a rappelé que 50 % de la population canadienne trouve difficile d'obtenir de l'information gouvernementale et que les solutions électroniques (systèmes téléphoniques, télécopie et, bien sûr, Internet) représentaient la solution de l'avenir.
Il a ensuite évoqué la mise en ligne du gouvernement, des ministères et services gouvernementaux, un total de 134 sites créés depuis 1995. Puis il a annoncé qu'un guichet unique serait mis en place dès cet été sur Internet afin de donner à la population accès à tous les programmes et services du gouvernement québécois.
Enfin, M. Gagnon a fait remarquer que le site du gouvernement s'est récemment enrichi d'un outil de recherche et d'une section consacrée aux consultations publiques. Par un heureux concours de circonstance, le premier forum de discussion (car c'est un peu de cela qu'il s'agit) porte sur la loi électorale et les consultations populaires. On y trouve tous les documents relatifs à la question et on peut participer au débat sur un babillard modéré.
Cette initiative, qui devrait permettre aux internautes de « participer directement à l'élaboration des orientations gouvernementales, » -- reste à voir jusqu'à quel point -- augure plutôt bien de l'avenir. Seul regret: elle aurait dû être lancée deux ans plus tôt. La préparation de la politique québécoise en matière d'inforoute aurait peut-être été plus simple et plus rapide. ;-)