Un Canadien sur deux connaît personnellement au moins un « accroc de l'informatique » qui met sa vie de famille en péril à force de surfer sur Internet ou de jouer à des jeux vidéos, d'après une étude réalisée auprès de 3 522 Canadiens par la firme Ekos Research Associates.
« L'idée fait son chemin parmi les Canadiens qu'Internet aide à créer de nouvelles communautés virtuelles et a le potentiel d'améliorer la vie de famille, affirme le rapport d'étude. Pour d'autres, cependant, il constitue un phénomène impersonnel, déshumanisant, une distraction. »
Le maintien d'une communication familiale décente est la principale raison citée pour tourner le dos à Internet. Des parents se plaignent également des ravages que les jeux vidéos occasionnent dans la scolarité de leurs enfants, les contraignant à confisquer l'ordinateur pour mettre un terme à la dérive.
Les observateurs interrogés par le Globe and Mail notent que l'effet de nouveauté d'Internet s'estompe et qu'un certain scepticisme commence à s'installer à son sujet. Il en fut de même, dès le XVIIIe siècle, pour les romans, puis pour les bandes dessinées, les films et la télévision.
L'étude procure également d'autres informations intéressantes:
2/3 des Canadiens souhaitent voir leur gouvernement légiférer dans le domaine des contenus controversés, comme la pornographie.
87 % des Canadiens n'ont pas confiance dans les systèmes de sécurité permettant de faire des achats en ligne; 75 % suggérent même que le gouvernement s'en mêle.
66 % de la population aimerait pouvoir travailler de chez elle pendant la moitié de son temps de travail en se connectant à distance à son bureau.
34 % des Canadiens identifient bien le terme d'« autoroute de l'information », contre 38 % à qui ce terme n'est pas familier.
Un dernier chiffre est particulièrement remarquable. 58 % des personnes interrogées considèrent Internet comme un outil [d'information] plutôt que comme un divertissement. Cela prouve que le médium, qui possède effectivement ces deux fonctions, est perçu à sa juste valeur et non comme un simple gadget dans l'attirail de notre civilisation techno.