Les Jeux olympiques de Nagano se terminent dans l'allégresse. Sans attentat, sans guerre du Golfe... et, surtout, sans pépin informatique.
« La technologie a réellement remporté une médaille d'or à Nagano », s'est exclamé François Carrard, directeur-général du CIO, alors que le président Samaranche décrétait que ces Jeux avaient bénéficié de « la meilleure organisation de l'histoire. »
La technologie japonaise y est bien sûr pour quelque chose, mais la marque que le monde entier retiendra est celle d'IBM, qui se mérite la médaille de silicium. Le site Internet officiel des Jeux a enregistré 646 millions de requêtes, soit 98 000 par minute en moyenne. L'affluence a atteint son paroxysme lors de la finale du patinage artistique féminin et la demi-finale de hockey Russie-Finlande. On a alors recensé plus de 103 000 hits à la minute! Au total, plus de 4,5 billions d'octets ont été téléchargés, grâce à un réseau de serveurs-miroirs répartis sur toute la planète.
Ce qui compte, c'est que la performance de « la technologie basée sur Internet la plus grande, la plus complète et la plus utilisée de l'histoire, » selon un porte-parole d'IBM, a fait ses preuves sans l'ombre d'un problème. La multinationale, qui y a mobilisé 300 employés et investi des sommes considérables (on parle de 100 millions de dollars), ne pouvait absolument pas se permettre de flancher. L'intranet du village olympique, destinée aux officiels et journalistes, a mené à bien six millions de transactions sans problème.
Le système informatique de Nagano s'est appuyé sur des RS/6000SP, une ligne d'ordinateurs multiprocesseurs RISC à traitement parallèle fabriqués par IBM. L'un d'entre eux, baptisé Big Blue, avait réussi à battre le grand maître Gari Kasparov lors d'un célèbre tournoi d'échec l'an dernier. Un autre a été mis à contribution lors de la mission Mars Pathfinder de la Nasa.
Cette belle réussite efface quelque peu le souvenir du dernier Super Bowl, qui avait connu quelques ratés, et surtout celui des Jeux d'Atlanta, en 1996, marqués par d'insoutenables problèmes informatiques (l'Union européenne avait demandé à être remboursée!). Le site officiel d'alors n'avait reçu que 187 millions de requêtes -- un score plus modeste mais qui conviendrait néanmoins à bien des sites Web.
Pour la petite histoire, l'avalanche de chiffres post-olympique précise que 250 000 messages électroniques ont été envoyés aux athlètes par les serveurs d'IBM. Qui les a lu? Mystère. :-)