Le vérificateur général du Canada estime que les systèmes informatiques du pays ne seront pas suffisamment prêts pour le passage à l'an 2000 et que le chaos régnera dans le pays tout entier. Comparant cette situation à la récente tempête de verglas, il blâme le gouvernement canadien pour ne pas s'y être pris à temps.
Le récit d'une entrevue avec M. Denis Desautels a été publié ce matin par le Ottawa Sun, un quotidien du groupe Sun Media. Celui que les journaux surnomment parfois le « chien de garde du gouvernement » n'y va pas par quatre chemins: « Si vous voulez une image exprimant la gravité de la situation, pensez à la tempête de verglas, comment tout s'est arrêté, et vous comprendrez combien nous sommes dépendants de la technologie. »
Le journaliste Sean Durkan poursuit sur un ton plus dramatique encore: « Il n'y aura plus de chèques de pension ni de chômage parce que l'ordinateur n'aura personne à qui les envoyer. Les feux de circulation et les ascenseurs ne marcheront plus. Les coûteux équipements de survie des hôpitaux ne fonctionneront pas. Les entreprises n'auront plus de données sur les comptes à payer et à recevoir ni sur les commandes en attente ou déjà livrées. Les écoles, les organismes de charité, les organisations sportives, les clubs sociaux -- toute personne et toute chose comptant sur les ordinateurs seront affectées. »
Cet article dresse un portrait si sombre de la situation qu'il a été repris, à Paris, par l'Agence France Presse! Gare à la chute du dollar canadien...
Le gouvernement fédéral estime à un million de dollars le coût de la mise à jour de ses systèmes informatiques mais le vérificateur général doute que cette somme permette de résoudre la question, d'autant qu'il ne reste que 500 jours ouvrables avant le 1er janvier de l'an 2000. Il estime que même les services ayant résolu leurs propre problème à cette date ne seront pas sortis de l'auberge car leurs réseaux sont reliés à ceux d'autres services gouvernementaux, d'agences et de fournisseurs extérieurs qui, à leur tour, sont reliés aux réseaux d'autres entreprises, etc. Tous ces réseaux interconnectés doivent être corrigés pour que le système entier puisse fonctionner correctement.
« On ne peut simplement pas faire tout ce travail à temps, conclu M. Desautels. Il y aura de gros problèmes et c'est pour cela que nous devons blâmer le gouvernement pour ne pas avoir agi plus tôt. ».