Quelques mois après la rétrocession de Hong Kong, le gouvernement chinois a drastiquement renforcé hier ses mesures visant à combattre toute forme d'opposition politique sur Internet.
Une longue liste de crimes cybernétiques a été approuvée le 11 décembre par le Conseil d'Etat et promulguée cette semaine, selon l'agence Xinhua News. La fuite de "secrets d'état", la subversion politique, l'incitation au "séparatisme" (pour ne pas dire nationalisme tibétain!), la "diffamation" du gouvernement et de ses organismes, entre autres, seront désormais passibles de peines graves, quoique non spécifiées -- ce qui ouvre d'autant plus la voie à l'arbitraire.
D'autres types de délits seront aussi passibles de peines sévères, comme la pornographie, l'incitation à la violence, la propagation de virus ou le piratage informatique. Mais c'est bien la censure politique qui constitue le coeur de cette loi dont les mesures de répression s'appliqueront également à Hong Kong, à Taïwan et jusqu'à Macao, une enclave portugaise devant être restituée à la Chine en 1999.
Quant aux fournisseurs d'accès Internet, ils devront désormais se soumettre à la "supervision" directe des officiers de la Sécurité publique et dénoncer tout contrevenant à la loi.
Malgré une modernisation rapide, l'ex-Empire du Milieu ne renonce donc pas à sa politique de l'extrême, si dommageable au plan des droits humains. Après une première période de censure des sites jugés hostiles et dangereux, les communistes chinois passent à la répression pure et simple. Peut-on encore, dans ce contexte, miser sur le pouvoir magique de la technologie et du commerce global pour créer les conditions d'une vraie démocratie en Chine?
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