La justice belge a révélé aujourd'hui un trafic de données issues des fichiers de police européens centralisés dans le système d'information Schengen (SIS). Volées par un fonctionnaire belge, ces données concernant des personnes auraient été communiquées à des réseaux criminels opérant principalement aux Pays-Bas. L'ampleur, la durée et la nature des détournements n'ont pas encore été précisées.
Cette annonce relance le débat entre les partisans et les opposants de la mise en réseau des données policières émanant des dix pays ayant signé l'accord de Schengen depuis 1985. Afin d'assurer la libre circulation des personnes à l'intérieur de leurs frontières unifiées, ces pays ont endossé la constitution d'un gigantesque fichier de police centralisé à Strasbourg.
Tout comme la révélation récente d'un trafic de données personnelles au ministère du Revenu du Québec, cette nouvelle affaire ne peut que discréditer un peu plus la constitution de tels méga-fichiers dans l'opinion publique.
Pour le ministre de l'Intérieur autrichien, il est de toute manière impossible, par tous les "moyens démocratiques imaginables" d'empêcher un tel vol, qui reste "de nature purement criminelle". Ce qui est donc en cause, finalement, c'est la taille des fichiers centralisés et la précision toujours plus grande des renseignements qu'ils contiennent. Une nouvelle dimension qui alourdit les conséquences de tels actes criminels.
Voir la première et la seconde dépêche de l'AFP.