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Le Devoir point comme...

Canoë 
26/06/1997 16h32 

Ce matin vers 11h, dès que les derniers problèmes techniques auront été résolus, les internautes pourront enfin consulter Le Devoir... point comme d'habitude. Ce quotidien qui fait les choses... point comme les autres lancera enfin son site officiel, LeDevoir.com, sur le World Wide Web. Il était temps. L'opération avait pris quelques trois mois de retard depuis le mois de janvier!

C'est que ce site "maison", sur lequel nous avons pu pénétrer hier soir en avant-première, a été concocté à l'interne par trois mordus des "bits, bauds et pixels". Il fleure bon l'artisanat léché et le code HTML aussi pur que la langue de Corneille. Sur un fond blanc lavé de tout soupçon multimédia, débarrassé de tout air de java et parsemé d'images à tailles de guèpes, émerge ce qui fait la force (et la prétention, diront les mauvaises langues!) de ce journal "point comme" dans le paysage médiatico-industriel québécois : la qualité d'un contenu qui ne cache nullement ses références au Monde et au New York Times.

Point d'info continue ni de scoop haletant au menu de la page d'accueil. Juste quelques manchettes, une base de donnée, aride mais utile, des appels d'offre publiées dans le journal -- et surtout les rubriques habituelles (Politique, Société, Le Monde, etc.) ouvrant sur des dossiers thématiques constitués à même le fonds d'archives. Chaque rubrique est placée sous la responsabilité particulière d'un journaliste qui répondra, en attendant un hypothétique forum, au courrier. La mise à jour des rubriques adoptera un rythme hebdomadaire.

Le Devoir ne se lance donc pas à proprement parler dans l'édition cybernétique. Il ne fait qu'exploiter son fond de commerce en explorant le potentiel de connivence qu'Internet lui offre vis-à-vis de ses lecteurs. Il se tisse à peu de frais un prolongement interactif et affectif sur la toile, tout en s'offrant une vitrine "grand public" et internationale. Pas de grand déploiement ni de chambardement, donc, mais une nouvelle source de contenu francophone et québécois se jetant dans le "cyberocéan" anglophone. Cela devrait réjouir même les mauvaises langues -- pour autant qu'elles se sentent, elles aussi, assiégées!

Il n'y a plus que La Presse, parmi les grands quotidiens québécois, qui n'ait pas encore fait le saut (si l'on nous passe l'expression) dans le cyberespace. Au train où vont les choses dans le monde du sport, comme on dit, gageons que cela ne tardera pas trop.
C.A.








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