Les utilisateurs de WordPerfect, surtout francophones, doivent prendre leur mal en patience par les temps qui courent. La version 7 en français se fait toujours attendre... et elle pourrait être court-circuitée par la version 8 qui pointe déjà en anglais.
Corel Corporation, de concert avec Netscape Communications, a annoncé, en effet, le 13 janvier dernier, la sortie imminente de WordPerfect Suite 8 et de Office Professional 8, qui intègreront, outre la suite Corel incluant WordPerfect, Quatro Pro et Paradox, le nouvel intégré de navigation et de communication, Netscape Communicator. Alors que certaines rumeurs parlent de fin février, le service à la clientèle de Corel évoque avec prudence le mois de juin ou de juillet 1997.
La sortie de cette nouvelle suite s'impose pour Corel et Netscape. En effet, ces deux éditeurs doivent maintenant faire face à l'offre alléchante de Microsoft qui, avec Office 97, propose une suite intègrant étroitement les fonction de navigation et de messagerie Internet aux fonctions bureautiques traditionnelles.
Mais cette annonce a un impact pervers sur les clients francophones de WordPerfect, qui attendent toujours la version française de Corel Office 7.0. Après avoir été annoncée pour novembre, puis décembre, puis janvier, cette version est maintenant promise pour la fin février, soit quatre mois à peine avant la sortie annoncée de la version 8.0 en anglais! Comme il faudra compter environ six mois avant que celle-ci ne soit traduite en français, les utilisateurs francophones auront donc moins d'un an pour rentabiliser leur achat de la version 7.0.
Explications de Corel: c'est la faute à Novell, qui avait commencé à développer des versions espagnoles et allemandes de la suite lorsque Corel en racheta les actifs, mais pas de version française. Les politiques d'achat du gouvernement canadien n'auraient rien arrangé puisque Microsoft Word aurait remplacé WordPerfect dans la plupart de ses bureaux.
Cela nous amène cependant à une situation plutôt paradoxale. Les besoins des francophones sont moins bien servis par Corel, compagnie majeure d'un pays officiellement bilingue, qu'ils ne le furent auparavant par les américaines WordPerfect et Novell. Dure leçon de réalisme économico-linguistique...
Christian Aubry