Selon un reportage publié aujourd'hui dans la rubrique Multimédia du Monde, la France commence à s'ouvrir à Internet, après une période initiale de résistance que le quotidien attribue à la méfiance traditionnelle des Français face aux nouvelles technologies.
À l'instar de Mgr Gaillot qui déclare que Jésus aurait été en son temps sur Internet, on ne considère plus en France qu'Internet est une fantaisie ou ne véhicule que la perversion. "Internet peu à peu sort de l'enfer où les esprits chagrins ont voulu le confiner, souligne la journaliste Annie Kahn. Les leaders d'opinion désormais lui accordent leurs faveurs, et c'est l'image d'Internet qui bascule dans les esprits. Un phénomène qui intervient en France environ deux ans après les Etats-Unis."
Rappelant que l'usage des nouvelles technologies est souvent moins répandu chez les hexagonaux que parmi leurs partenaires européens, le journal affirme que les Français commencent néanmoins à s'acclimater au réseau universel parce qu'ils en voient de plus en plus les avantages par rapport au Minitel.
En tout cas, les autorités ne veulent pas que la France répète, dans le domaine des inforoutes, l'erreur du retard téléphonique qu'elle a accusée longtemps. Le premier ministre Alain Juppé a demandé à tous les ministères de s'afficher sur le Web d'ici à la fin de 1997.
Les industriels français commencent aussi à baisser la garde, même s'ils ne voient encore dans le Web (à 42%) qu'un moyen d'améliorer leur image.
Bien sûr, reconnaît le journal, dans le domaine des logiciels, les places sont occupées solidement par les Américains, mais les Français peuvent encore se faire valoir du côté des services et du contenu. Pour plus de détails, voir l'article du Monde.