André Boily
Agence QMI

Payer son café avec des données personnelles, c'est possible

Payer son café avec des données personnelles, c'est possible

Un des cafés Shiru payés en données personnelles

André Boily

Vos données personnelles ont une valeur, assez pour valoir le paiement de cafés pour ces étudiants universitaires du Rhode Island.

À Providence, capitale du plus petit état des États-Unis, les étudiants qui fréquentent le café Shiru non loin de leur université Brown n'ont pas besoin de monnaie pour payer leurs doses de caféine. Comme monnaie d'échange, ceux-ci paient leurs cafés avec leur carte d'étudiant.

Chez Shiru, les passants ou touristes ne peuvent rien y acheter, seuls ceux qui fréquentent l'université peuvent se procurer les produits du petit magasin. Pour être plus précis, les professeurs peuvent payer en argent liquide, mais les étudiants, eux, doivent le faire en informations personnelles.

Pour obtenir leurs cafés, les universitaires doivent donner leurs nom, numéro de téléphone, adresse courriel et le nom de la discipline dans laquelle ils étudient. De plus, ils doivent s'enregistrer en ligne pour fournir leur date de naissance, leurs intérêts professionnels et accepter de recevoir des publicités et autres informations en provenance des sociétés commanditaires qui paient, en fin de compte, les cafés. Donc, par courriels ou sur leurs appareils mobiles, les étudiants verront apparaître des logos, des pubs numériques et même des sondages à remplir.

Problème d'éthique

Enrission est propriétaire des cafés Shiru et comme c'est souvent le cas avec les sociétés nippones, une philosophie « commerciale » dicte leurs opérations : « grâce à cette boisson gratuite, nous tentons d'offrir aux étudiants des informations que la société commanditaire souhaite informer exclusivement pour les étudiants universitaires afin de diversifier les choix de leur future carrière ».

Dans un contexte de pénurie de main-d'oeuvre spécialisée, l'initiative de la société Shiru pourrait leur être profitable. De plus, la société attire de grands noms comme Microsoft, Nissan et Suzuki.

Devant pareil marchandage d'informations personnelles, plusieurs s'interrogent sur la pertinence ou l'éthique de donner à des sociétés des informations confidentielles. Certains vont jusqu'à décrier la ridicule valeur d'un café en rapport avec ces données.

Chose certaine, nos informations personnelles valent de l'or pour ceux qui sont capables de se les approprier contre des services gratuits... pensons à Facebook, Twitter, Google, etc.



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