André Boily
Agence QMI

Les fausses vues de vidéos sur YouTube, un marché lucratif

Les fausses vues de vidéos sur YouTube, un marché lucratif

Le marché des fausses vues sur YouTube n'est pas près de se tarir.

André Boily

Deuxième site le plus regardé au monde, YouTube est empoisonné par des gens peu scrupuleux qui, contre rémunération, génèrent sur demande quantité de fausses vues pour mousser l'achalandage d'un site en mal de publicité.

Quoi de mieux que des milliers de vues pour mousser sa page YouTube. Mieux encore, pour quelques milliers de dollars, l'achat de centaines de milliers d'autres par l'entremise de sites qui s'occuperont de propulser votre page ou votre produit vers les sommets, même si ces «vues» sont artificielles, c'est difficile à battre !

Avec plus d'un milliard de vues chaque jour, YouTube dépasse (lire écrase) des plateformes comme Facebook et Instagram. Des marques et des vedettes sont littéralement nées de l'immense sphère YouTube.

Mais comme bien d'autres plateformes sociales, ces mégasites sont gangrénés par des imposteurs spécialistes des campagnes artificielles. Même si les gestionnaires de la plateforme vidéo réussissent à endiguer le phénomène des fausses vues (fake views), reste qu'une faible portion parvient à passer les mailles du filet. Cela dit, avec un très faible pourcentage de réussite, sur des milliards de visionnements quotidiennement, cela fait beaucoup, beaucoup de fausses vues.

De fausses vues à volonté !

Des fausses vues qui, à leur tour, finissent par se faufiler jusqu'aux comptes d'utilisateurs en chair et en os (lire adolescents pour la plupart), dont une partie sera intéressée par la vedette ou le produit vendu.

Comme le démontre le New York Times, l'entreprise Devumi.com est justement spécialisée dans ce type d'opération. Parmi ses clients, indique le prestigieux journal, on compte la chaîne média prorusse RT financée par Moscou, la chaîne télé arabe Al Jazeera, quelques groupes conservateurs américains et... plusieurs artistes et musiciens.

Tout ce beau monde achète des «vues» générées par les robots de Devumi et d'autres sociétés, comme celle de Martin Vassilev, un résident d'Ottawa, qui gère un site au nom on ne peut plus clair, 500views.com, par lequel on peut générer des likes, des dislikes ou des vues à volonté par ordinateur. Cité par le NYT, «Vassilev peut générer un nombre illimité de vues d'une vidéo». Cette dernière gonflée par de fausses vues grimpe dans la hiérarchie des vidéos les plus regardées sur YouTube. Inéluctablement, toutes ces vues, vraies ou fausses, finissent par rejaillir sur son public en ligne.

YouTube est maintenant mieux armé contre les fausses vues, les systèmes de la société surveillent en continu l'activité vidéo et son équipe antifraude va jusqu'à acheter des lots de fausses vues pour mieux comprendre le fonctionnement des sites comme Devumi ou 500views.

Cette année-là en 2013...

Cette année-là, le nombre de fausses vues générées par les bots était si élevé qu'il surpassait celui des véritables utilisateurs. Des employés craignaient un basculement des systèmes de détection, c'est-à-dire que les fausses vues pouvaient être perçues comme vraies et vice-versa, ajoute le NYT.

Depuis cette année-là, les moyens de détection ont grandement évolué chez YouTube. Sans dévoiler de chiffres précis, YouTube dit que ses équipes tentent de limiter à 1% le nombre de fausses vues. Mais 1% d'un milliard, cela fait quand même 10 millions de fausses vues par jour.



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