André Boily
Agence QMI

Selon un ex-président, Facebook est devenu un monstre

Selon un ex-président, Facebook est devenu un monstre

@Dado Ruvic

André Boily

Sean Parker, premier président de la courte histoire de Facebook, est très critique de la plateforme de réseau social qu'il a lui-même contribué à créer et croit que cette dernière est devenue un monstre : «dieu seul sait ce qu'elle produit dans la tête des enfants».

Financièrement, Facebook est une machine maintenant bien huilée qui engrange d'imposants revenus publicitaires. Même les applications Messenger, Instagram et WhatsApp vont bien. Les investisseurs l'apprécient, l'action a grimpé de 55,85% sans broncher depuis le début de l'année! La firme pèse maintenant 521 milliards $ en capitalisation boursière.

Par contre, à l'interne, les choses vont beaucoup moins bien.

La direction dirigée par Mark Zuckerberg se fait savonner par la justice américaine pour son implication dans les ingérences russes dans la dernière campagne électorale et est aux prises avec un sérieux problème de fausses nouvelles, de discours haineux et de porno vengeance.

Et hier, l'ancien et premier président de Facebook Sean Parker en a rajouté une couche.

En entrevue sur le site de nouvelles Axios, celui-ci y va d'un sérieux avertissement à propos du réseau social en avouant très sèchement : «dieu seul sait ce qu'il produit dans le cerveau des enfants». Il entrevoit les dangers du réseau social par sa manière d'exploiter la «vulnérabilité» humaine.

La dépendance, une dose de dopamine à la fois

Président de Facebook en 2004 quand la plateforme n'avait même pas un an d'existence, Parker ajoute «comment pouvons-nous consommer autant de votre temps et conscience que possible (...) et cela signifiait qu'il nous fallait donner aux abonnés une petite dose de dopamine de temps à autre, parce que quelqu'un a aimé ou commenté une photo ou un message. De cette façon, vous contribuez à produire plus de contenus qui vous donneront... encore plus de likes et de commentaires».

Il ajoute : «C'est une sorte de boucle rétrocontrôle de validation sociale qu'un hacker comme moi aurait créé, parce qu'elle exploite une vulnérabilité dans la psychologie humaine. Ces inventeurs, c'est moi, c'est Mark Zuckerberg, c'est Kevin Systrom sur Instagram et tous ces gens en étaient parfaitement conscients. Et nous l'avons fait».

Ils sont de plus en plus nombreux à voir les dangers des plateformes de réseau social. Tristan Harris, un ancien employé de Google s'est montré très critique des grandes technos dont les produits piratent les esprits. «Si vous avez une appli, comment gardez-vous les gens accrochés? En en faisant des machines à sous.»



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