Yoani Sanchez continue de dénoncer le régime cubain sur les médias sociaux

Cyberguérilla - Yoani Sanchez continue de dénoncer le régime cubain sur les médias sociaux

Photo Adalberto Roque / AFP

À peine libérée d'une seconde interpellation en un mois, la dissidente cubaine Yoani Sanchez a repris vendredi sur Twitter et sur son blog ses activités de dénonciation du régime cubain qui font sa réputation dans le monde alors qu'elle reste inconnue à Cuba.

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Sans jamais évoquer ses huit heures de détention, Yoani s'inquiétait de la détention de divers opposants, reprenait des informations d'agences sur Cuba, évoquait le «vol des cerveaux» cubains et se réjouissait de sa nomination comme correspondante à Cuba de la Société interaméricaine de Presse (SIP), dont le siège est à Miami.

Caillou dans la chaussure du régime communiste cubain, Yoani Sanchez reste pourtant pratiquement inconnue de tous à Cuba. Malgré ses 355 423 suiveurs sur Twitter et la traduction en une quinzaine de langues de son blog GeneracionY, Yoani reste anonyme chez elle en raison des difficultés d'accès à l'internet pour les Cubains.

Son interpellation jeudi, avec plusieurs autres dissidents qui cherchaient dans un commissariat des informations sur des opposants arrêtés la veille, a néanmoins provoqué de vives réactions chez les blogueurs pro-régime qui n'ont de cesse de dénoncer les «activités subversives» de ce «mercenaire au service des Américains».

Le plus actif d'entre eux, Yohandry Fontana, qui diffuse de manière officieuse des informations émanant des autorités, est paradoxalement celui qui a alerté les médias sur les deux récentes arrestations de la blogueuse.

C'est Yohandry qui avait annoncé le 5 octobre l'arrestation de Yoani alors qu'elle se rendait à Bayamo, dans le sud-est de Cuba pour couvrir un procès et c'est lui qui avait annoncé son rapatriement à La Havane, ainsi que le remorquage de sa voiture - le tout «aux frais du contribuable», s'insurgeait-il.

C'est encore lui qui a envoyé un micromessage sur son interpellation jeudi, puis sa libération huit heures plus tard. Avant que la blogueuse ne recommence à gazouiller pour assurer qu'elle était «de nouveau dans les rues de La Havane après quelques heures de détention».

Les 16 opposants interpellés jeudi en même temps qu'elle ont également été libérés jeudi ou vendredi matin, selon l'opposant Elizardo Sanchez, animateur de la Commission cubaine des droits de l'homme, une organisation illégale mais tolérée par les autorités cubaines.

Et la cyberguérilla a repris vendredi avec Yohandry dénonçant un «cirque» faisant partie «des manœuvres américaines de subversion contre l'île».

Yoani, également correspondante du quotidien espagnol El Pais, s'affirmait pour sa part «très heureuse de sa nomination comme vice-présidente régionale pour Cuba de la Commission de la liberté de la presse et de l'information de la SIP».

«Un des principaux défis de ma nouvelle responsabilité sera de préparer un rapport détaillé sur la liberté de la presse à Cuba», a-t-elle assuré.

Signalée en 2008 parmi les 100 femmes les plus influentes du monde par l'hebdomadaire américain Time, elle a conquis sa notoriété internationale la même année grâce à la présence de nombreux journalistes étrangers venus couvrir l'élection de Raul Castro à la succession de son frère Fidel, retiré pour des raisons de santé.

Cela lui avait valu une attaque anonyme du Père de la Révolution évoquant «une jeune Cubaine» au service de la «presse néocoloniale». Yoani lui avait répondu par un message où elle constatait que «quelques vieux instruments de l'ère soviétique se refusent à mourir».


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