Une journaliste du quotidien «The Gazette» se fait des ennemis

Controverse sur Twitter - Une journaliste du quotidien «The Gazette» se fait des ennemis

© KIMIHIRO HOSHINO / AFP


Roch Courcy

Dernière mise à jour: 04-05-2012 | 16h13

MONTRÉAL – Lors de la manifestation étudiante de jeudi soir, où plusieurs étaient à demi nus, une journaliste du quotidien montréalais «The Gazette» s'est prononcée sur leur physique sur Twitter. Elle a ainsi soulevé un tollé qui semble avoir poussé le quotidien à publier sa politique d'utilisation des médias sociaux, vendredi matin.

La journaliste Anne Sutherland, affiliée au journal anglophone, a publié plusieurs photos de manifestants pour appuyer ses commentaires. «Elle ne posera pas pour “Playboy”», a-t-elle écrit, ou encore : «SVP, SVP, rhabille-toi», «Ils sont presque tous nus et certains d'entre eux ne sont pas séduisants», etc.

En peu de temps, les utilisateurs de Twitter ont vivement répliqué aux propos de la journaliste :

  • Il ne s'agit pas d'un concours de beauté, vous savez? Lorsqu'ils sont nus, beaucoup, beaucoup de personnes ressemblent à ça — @haselnut
  • Vraiment? Franchement, voudriez-vous arrêter vos commentaires? — @AmyWNA
  • Une “journaliste” qui fait des remarques sarcastiques à propos de l'apparence de manifestants ne me semble pas très professionnelle — @salomey5
  • Ces commentaires-là sont-ils vraiment nécessaires? Sérieusement? — @thisfinelady

Les propos de la journaliste ont tellement fait jaser sur Twitter que le terme «Sutherland» a été une tendance durant une bonne partie de la soirée et de la nuit à Montréal, selon le site web TrendsMap.

Certains utilisateurs ont tellement été choqués par les propos de la journaliste qu'une page Facebook (on.fb.me/IsVNtf) a été mise sur pied pour demander des excuses publiques de sa part. La page avait été aimée par plus de 230 personnes, vendredi en fin de journée.

En fin de soirée, Anne Sutherland a supprimé tous les tweets qu'elle avait publiés durant la manifestation et en a fait de même avec son compte Twitter @sutherlandanne.

Plusieurs personnalités publiques comme Sophie Durocher et Dominic Arpin ont fait part de leurs commentaires à ce sujet sur leur blogue respectif. Le Conseil de presse du Québec a lui aussi fait état de cette histoire sur son site web.

Dans l'article à propos de la manifestation, publié sur le site web du quotidien «The Gazette», il n'y avait aucune mention de l'histoire. Le silence est aussi complet à propos de cette situation sur sa page Facebook.

Toutefois, le quotidien a réagi sur Twitter, vendredi matin, en publiant deux tweets à propos de sa politique d'utilisation des médias sociaux.

  • La politique de The Gazette énonce que nos journalistes doivent se comporter d'une manière à ne pas se compromettre eux-mêmes, leurs collègues ou le journal... - @mtlgazette
  • The Gazette prend tous les manquements à l'éthique très au sérieux. […] - @mtlgazette

Aperçu de la politique d'utilisation des médias sociaux du quotidien «The Gazette»

«Les journalistes doivent garder en tête qu'ils représentent leur journal en tout temps et doivent se comporter de manière à ne pas se compromettre eux-mêmes, ni leurs collègues ou le journal. Si vos activités en ligne peuvent entacher la crédibilité de The Gazette ou la vôtre en tant que journaliste, veuillez vérifier avec votre superviseur avant de procéder.»

«Partager vos opinions personnelles ou exprimer des opinions politiques partisanes sur le site web du journal ou ailleurs en ligne peuvent conduire à des accusations de partialité et nuire à votre capacité à couvrir des sujets dans le futur.»

«Les gens vous suivent parce qu'ils sont intéressés à collaborer avec vous, et ils sont intéressés par ce que vous rapportez, votre expertise, votre voix. […] Vous devez connaître votre voix, mais rappelez-vous que votre voix n'est pas une opinion. Lorsque l'on vous critique, comptez jusqu'à 10. Ne le prenez pas personnel et ne faites jamais de déclaration au nom de The Gazette. Utilisez votre bon sens.»


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